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Le Canadien incapable de compenser les absences et les malchances

Trois absents de marque, deux buts refusés, un filet accordé en avantage numérique; le Canadien a beau reprendre du poil de la bête depuis deux semaines, c'en était trop face au Wild jeudi soir.

Un texte d’Alexandre Gascon

Au total, c’est 41 tirs qu’a dirigés le CH sur le gardien Devan Dubnyk, 80 tentatives si l’on inclut les lancers bloqués et ceux qui ont raté la cible. Le Wild, de son côté, en a décoché 74, dont 35 ont atteint Charlie Lindgren.

À regarder les statistiques, on aurait presque pu croire à un festival offensif. On aurait eu tort.

La bataille de l’indice Corsi par contre, pas de doutes, le Canadien est sur le point de la gagner. Pour ceux qui tiennent le compte, il mène toujours la LNH pour la moyenne de lancers par match, avec 37,7.

Ça fait beaucoup de chiffres pour expliquer cette défaite de 3-0, mais au fond, il n’y en a qu’un à retenir : deux. Deux buts refusés, qui n’auraient peut-être pas dû l’être, c’était du moins le sentiment général dans le vestiaire après le match. Voyez plutôt.

Une règle floue

« Le deuxième but aurait dû être accordé, mais ça fait partie de la game. Il y a des petits détails qu’on ne sait même pas nous-mêmes. Il ne l’a quasiment pas touché et aussi il a été poussé. Il y a des règles que je ne dois pas connaître », a avancé Danault pour expliquer la décision des arbitres sur le but de Charles Hudon, qui aurait réduit l’écart à 2-1 avec cinq minutes à jouer.

Le Québécois a légèrement accroché la jambière de Dubnyk dans le cercle du gardien avant de pousser son retour dans le filet. D’abord accordée, la décision a été renversée après la contestation de l’entraîneur Bruce Boudreau qui a estimé que Hudon avait créé de l’obstruction sur son portier.

Karl Alzner, lui, aurait lancé le CH en avant en première période si l’on avait jugé qu’il avait frappé la rondelle au vol sous la barre horizontale.

« J’ai pensé qu’on en avait marqué au moins un. Il n’y avait aucun doute dans mon esprit que ce but était bon », a d’abord lancé Alex Galchenyuk, auteur de huit tirs, avant de laisser entendre que les deux l’étaient probablement à son avis.

L’entraîneur-chef a aussi semblé perplexe.

« C’était un bon but, a dit sans détour Claude Julien. C’est frustrant, parce qu’à toutes les fois qu’il y a quelque chose de même, c’est 50-50. On ne sait jamais quelle décision va être prise. Le premier but, il n’y avait pas assez de preuves pour démontrer que ce n’était pas en bas de la barre, mais je pense que ce l’était. »

La règle de l’obstruction envers le gardien est-elle suffisamment limpide pour qu’une équipe sache à quoi s’attendre lorsque le contact survient?

« Je dirais non. Chaque fois que c’est revu, c’est 50-50. On ne sait vraiment pas ce qui va arriver. Un jour, ce sera bon, le lendemain, on dirait que c’est la même chose, mais les arbitres le voient différemment. On doit accepter ça, simplement », a enchaîné Julien.

Le règlement, que vous pouvez consulter ci-contre, laisse toute la place à l’interprétation, et celle-ci est forcément subjective. C’est la deuxième fois que le CH se fait refuser deux buts cette saison. À la première occasion, contre les Rangers au Madison Square Garden, il avait aussi été blanchi.

Des irremplaçables

Cette incapacité à rebondir après de mauvais coups du sort témoigne surtout des limites de l’équipe à générer des chances de marquer de qualité, particulièrement en l’absence de Jonathan Drouin.

Privé de son pilier en défense, Shea Weber, et d’une bonne partie de sa créativité offensive en Drouin, le Canadien a tiré beaucoup, mais peu menacé.

Torrey Mitchell a d'ailleurs tenté de remplacer le premier centre du club en s'insérant entre Alex Galchenyuk et Artturi Lehkonen, avec un succès mitigé. En fin de match, Julien a envoyé Hudon au centre des deux ailiers, et le résultat a été plus probant. C'est d'ailleurs à ce moment que le second but du Tricolore a été marqué, puis refusé.

L’absence de Price a été moins flagrante en vertu de la bonne tenue de Lindgren qui a repoussé 32 rondelles. C’était sa première défaite en six départs dans la LNH au cours desquels il n’a accordé que neuf buts, jamais plus de deux dans un match, le troisième filet jeudi soir ayant été réussi dans un filet désert par Jason Zucker qui a ainsi complété son tour du chapeau.

L’entraîneur comme les joueurs ont estimé avoir offert, malgré tout, une assez bonne prestation, exception faite de Danault.

Le jeune joueur de centre a avoué que le Wild, qui voulait mettre fin à une séquence de trois défaites, a été plus « affamé ». C’est certainement vrai, mais c’est surtout, avouons-le, difficile à comprendre.

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