BILLET - En s'éteignant dès le premier tour face aux Rangers de New York, le Canadien a de nouveau suscité les interrogations quant à sa gestion et à son organisation. Le partisan a la dent longue. Il blâme les joueurs, l'entraîneur, le directeur général et de plus en plus souvent le directeur du recrutement Trevor Timmins. Or, une analyse succincte permet de constater que Timmins fait du bon travail.

Trevor Timmins est en poste à Montréal depuis 2003. Il se trouve encore des amateurs pour rappeler les malheureuses sélections de David Fischer (2006), Louis Leblanc (2009) ou Jarred Tinordi (2010) au premier tour. Et c’est justifié.

Mais il faut y regarder de plus près pour juger l’ensemble de l’œuvre.

Dans une étude complète qu’il a réalisée l’an dernier pour SBNATION, le journaliste Andrew Zadarnowski arrive aux mêmes conclusions que celles que j’avais tirées à l’issue d’une étude statistique comparable que j’ai faite il y a quelques années : si Timmins n’attire pas l’attention par ses prouesses au premier tour, il est, en revanche, le plus compétent pour les tours subséquents.

Depuis 2003

Depuis son arrivée à la tête du département de recrutement du CH, Timmins se classe au 4e rang de la Ligue nationale pour la qualité de ses choix de deuxième et troisième tours. Avant la saison qui vient de s’achever, ces choix avaient joué en moyenne plus de 100 matchs chacun dans la LNH.

Pour la qualité d’ensemble, du 1er au 7e tour, Timmins se classe premier dans la ligue avec une moyenne de plus de 82 matchs joués par ses 99 sélections.

Qu’est-ce qui cloche?

Depuis 2007, on a empêché Timmins d’exercer son art en lui donnant moins de choix qu’à ses rivaux et on a éliminé l’un de ses plus beaux fleurons.

Malgré l’échec de David Fischer en 2006, Timmins a insisté pour qu’on repêche un autre défenseur américain en 2007, Ryan McDonagh. On l’a écouté, mais Bob Gainey a gaspillé cette sélection dans un échange dont on se souvient tous.

La descente

C’était le premier pas d’une longue descente.

Soucieux d’améliorer son équipe, Gainey a cédé plusieurs choix au repêchage dans les années qui ont suivi.

En 2008, il a donné sa seule sélection de premier tour pour obtenir Alex Tanguay.

Au repêchage de 2009, dans un Centre Bell presque plein, Gainey a fait plaisir aux partisans (mais pas à Timmins) en sélectionnant Louis Leblanc au premier tour. Et il a échangé son choix de 2e tour.

En 2010 et 2011, Timmins n’a eu aucun choix de deuxième ou de troisième tour. L’organisation les a tous échangés. Quand on sait qu’il se démarque de ses rivaux avec ces sélections, on évalue mieux combien le Tricolore en a souffert, même si Timmins a mis la main sur Brendan Gallagher au cinquième tour.

Compenser

Trevor Timmins n’a eu droit qu’à 67 sélections au cours des 10 dernières années, contre 80 pour Nashville, par exemple, ou 84 pour Chicago.

Et la roue tourne. Comme le repêchage a donné à l’organisation moins de joueurs de talent pour faire des échanges, Marc Bergevin est maintenant obligé de donner d’autres choix au repêchage pour obtenir du renfort. Il en a cédé 14 depuis son entrée en poste et n’en a obtenu que 9. C’est un cercle vicieux.

Bref, Trevor Timmins est comme un gardien qui aurait le meilleur taux d’efficacité, mais à qui on reprocherait son petit nombre de victoires parce qu’il joue moins souvent.

Il en a laissé filer quelques-unes, c’est vrai. Mais il me semble clair que ce n’est pas à lui qu’il faut imputer les problèmes de l’organisation.

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