BILLET - Dans le métier, on se moque (pas toujours) gentiment du Canadien depuis quelques années en disant que ses recrues apprennent surtout à jouer sans la rondelle. Et voilà que l'organisation pousse le bouchon un peu plus loin en s'améliorant sans les patins.

Quand même. Ne rions pas.

En ajoutant Dominique Ducharme et Joël Bouchard à son organigramme, Marc Bergevin n’a effectivement pas amélioré son équipe sur la patinoire, mais il faut reconnaître qu’il est convaincant quand il nous dit qu’il vient de s’emparer des deux entraîneurs les plus prometteurs du hockey junior québécois.

Mais encore?

Ducharme et Bouchard ont une feuille de route qui parle pour eux. Rien à dire. Et quand on ajoute l’élément francophone à l’équation, on ne peut que saluer le calcul de Bergevin.

Maintenant, il reste à voir comment on va utiliser ces ajouts.

Chacun son rôle

Ducharme secondera Claude Julien. Ce sera plus difficile de juger de son influence, à court terme du moins. Mais Bouchard s’en va former la relève. De ce côté-là, ce sera intéressant de voir, un, comment il va s’y prendre, et deux, jusqu’à quel point on lui donnera les coudées franches.

Chacun son rôle (bis)

Parce que les joueurs qu’on confiera à Bouchard ont, pour la plupart, un rôle assigné, un profil défini. Or, la principale embûche de la Ligue américaine est de favoriser leur développement dans ce rôle et ce profil, mais en gagnant des matchs.

McCarron et Terry

Michael McCarron est l’archétype de cette contradiction. Dans la Ligue américaine, on lui donne du temps de jeu, on l’emploie même en avantage numérique et dans des missions défensives. Quand il a repris confiance et qu’on estime qu’il est prêt, on le ramène avec le grand club et on l’utilise de façon tout à fait différente.

Ne devrait-on pas lui faire jouer le même rôle avec les deux équipes?

Chris Terry a dominé les marqueurs de la Ligue américaine en 2017-2018. Il a contribué à plus du tiers des buts du Rocket. Quand on considère la faiblesse de cette équipe-là, on aurait envie d’applaudir. Mais il a fini la saison avec un différentiel de -33, la pire des 1214 hockeyeurs qui ont joué dans la ligue cette année.

1214e, toi!

Qu’apprennent donc les compagnons de trio de Terry en matière de responsabilité défensive?

Scherbak

Nikita Scherbak est un bel exemple de développement cohérent. On l’employait à Laval comme on l’a employé à Montréal, dans le même but, avec une perspective de progression conséquente.

Joël Bouchard pourra-t-il en faire autant avec la majorité de ses joueurs, ou la nécessité de gagner viendra-t-elle teinter sa gestion?

Évidemment, on vous dira qu’il faut tenter d’atteindre les deux objectifs.

Une équipe changée?

Le Rocket pourrait avoir une autre allure de toute façon.

Pour des raisons de contrat ou de ballottage, tous les noms suivants sont susceptibles de changer de camp : Nicolas Deslauriers et Nikita Scherbak sont à court d’options. McCarron, Daniel Carr et Brett Lernout aussi. Ajoutez Jérémy Grégoire, Byron Froese, Chris Terry, Kerby Richel, Adam Cracknell, Jacob De La Rose...

Avec qui et avec quoi Joël Bouchard va-t-il travailler?

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