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Le Canadien s'enfonce, mais Deslauriers émerge

Si le Canadien ne croupissait pas au 14e rang de l'Association de l'Est, on pourrait presque parler de victoire morale. Mais voilà, ce concept est mort et enterré pour le CH cette année.

Un texte d’Alexandre Gascon

On comprendra quand même les joueurs du Tricolore de se raccrocher aux petites victoires : leurs 56 tirs sur le filet de Thomas Greiss, la créativité offensive, le petit point arraché en prolongation, le taux de possession de rondelle favorable de 61,5 %.

Tout le monde avait sa version.

« On a contrôlé la majeure partie de ce match. On ne peut que regarder ça un match à la fois. On a joué de très bons matchs récemment contre d’excellentes équipes. Si les gars peuvent utiliser ça pour bâtir un peu de confiance, ce serait logique », a fait valoir Max Pacioretty, auteur d’un quatrième but à ses quatre derniers matchs.

« On a prouvé qu’on avait du caractère. On a joué un bon match, on a lancé au filet souvent. Deux fois, on était derrière de deux buts, mais on est revenus », a dit Nicolas Deslauriers.

« C’était évident qu’on était la meilleure équipe, a affirmé Claude Julien. Ils ont eu de bons lancers, même si on ne leur en a pas donné beaucoup. Ils avaient quoi? Trois buts en 10 lancers? On a montré du caractère en revenant de l’arrière à plusieurs reprises. C’est vraiment décevant parce que j’ai trouvé qu’on a assez bien joué et qu’on aurait dû sortir d’ici avec deux points. »

Mais ça n’a pas été le cas.

Le CH semble encore bien loin de déposer les armes et de préparer l'avenir. La conférence de presse de mi-saison de Marc Bergevin en a fourni l’exemple éloquent. Le discours du pilote de l’équipe et des joueurs également. Le message est clair : s’accrocher.

Nul ne semble l’avoir mieux compris que Deslauriers.

Deslauriers monte en grade

À travers cette saison frustrante pour l'équipe, Deslauriers émerge de plus en plus comme un joueur fort utile et voit son rôle prendre de l’ampleur.

Certes, le Québécois a remporté la Coupe Molson au mois de décembre avec une récolte de sept points : un honneur qui souligne autant sa contribution exceptionnelle que l’apathie de ses coéquipiers pendant cette portion du calendrier.

Contre les Islanders, il a sonné la charge en enfilant le premier but des siens, un sixième pour lui cette saison, ce qui égale son sommet dans la LNH, grâce à un échec-avant soutenu de Byron Froese. Il a allumé la foule avec ses six mises en échec et a été récompensé par son entraîneur pour ses efforts.

Visiblement, Deslauriers est revenu en 2018 avec la même ardeur au travail, le même désir de vaincre duquel tout le monde devrait s’inspirer s’il n’en tient qu’à Claude Julien.

« Les autres joueurs peuvent le prendre en exemple. Ils peuvent simplement voir que c’est un gars qui travaille dur et qui patine bien. »

Lundi, Julien l’a envoyé aux côtés d’Alex Galchenyuk et de Jonathan Drouin en deuxième moitié de match en espérant insuffler un peu de dynamisme au duo.

« Ça allait super bien avec Froese et Carr, mais j’essaie de cliquer avec n’importe qui. J’ai eu ma chance avec Chucky et Drou, mais il ne faut pas que je change mon style de jeu. Le but d’être là est de leur donner un peu plus de place. J’espère être là le prochain match, mais faut pas que je change mon style », a répété Deslauriers.

« Il a mérité d’être là. Il a été un excellent atout pour notre équipe. Je l’aime beaucoup, j’aime ce qu’il apporte, de la façon dont il travaille, comment il compétitionne », a mentionné l’entraîneur-chef.

Des compliments qui mettent en relief la froideur avec laquelle Julien l'avait réprimandé devant les médias à la suite de son tout premier match avec le club contre les Coyotes de l'Arizona. Deslauriers avait gagné sa bataille contre Zac Rinaldo, mais le vent avait tourné en faveur de l'adversaire.

« Avec la maturité que j’ai prise, les défis que j’ai eus dans ma carrière, je me sens bien et je pense que je suis dans mon prime time. Je me sens super bien sur la glace, faut juste que je continue », assure-t-il, petit sourire aux lèvres. Pas de l'arrogance ou de la nonchalance, de la confiance, simplement.

L’ingrate tâche de Paul Byron

Montréal a affronté deux des meilleurs trios offensifs de la ligue, ceux de John Tavares et de Mathew Barzal, sans leur joueur de centre le plus complet, Phillip Danault, et leur roue de secours des plus fiables dans le cercle des mises au jeu, Andrew Shaw. Le défi était de taille.

C’est Paul Byron qui a hérité du poste de Danault au centre de Pacioretty et Charles Hudon. Enfin, Byron a partagé son labeur avec Hudon et, face au trio le plus prolifique de la ligue depuis trois matchs, ils ont accompli un boulot « correct », selon leur entraîneur.

« C’est sûr que quand tu n’as pas joué [au centre] depuis longtemps, ça prend un peu d’ajustement. Mais peu importe qui j’aurais mis comme ailier au centre, ç’aurait été la même chose », a ajouté Julien.

En Barzal, Anthony Beauvillier et Jordan Eberle, Pacioretty, élogieux, a estimé qu’il venait d’affronter la meilleure combinaison cette saison.

Les trois collègues ont amassé 6 points au Centre Bell et en totalisent 22 depuis trois rencontres. Dans ce contexte, il est difficile de contredire le capitaine du Canadien.

Malgré la défaite, avec trois matchs d’une importance capitale au cours des six prochains jours, Montréal peut toujours vivre d’espoir et d’eau fraîche.

Après tout, « on vient de ramasser 6 points sur une possibilité de 8 », a tenu à rappeler Claude Julien.

« Si on continue comme ça, on a des chances de se remettre dans la course. »

C’est toujours possible en effet, mais le temps presse.

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