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Le Canadien : une saison à retenir ou à oublier?

Voilà déjà un bon mois qu'on dresse le bilan de cette saison de misère du Canadien, l'une des pires de son histoire jadis glorieuse. Il reste à savoir quelle conclusion les joueurs et la direction doivent en tirer.

Un texte d’Alexandre Gascon

On en saura plus long sur l’évaluation que le CH fera de lui-même dès lundi à l’occasion du bilan final.

Mais en attendant, dans le vestiaire du CH, il y avait deux écoles de pensée quelques minutes après cette 40e défaite en temps réglementaire, un autre triste record égalé après les désastreuses campagnes de 1983-1984 et de 2000-2001.

Faut-il passer l’éponge le plus rapidement possible et jouer la carte de l’amnésie ou plutôt garder bien frais en mémoire cette désagréable sensation?

« C’est une perte de temps si on ne retient pas de leçons de cette saison, a déclaré, péremptoire, Brendan Gallagher. Si on n’apprend pas, on va refaire les mêmes erreurs encore et toujours. On a simplement trouvé des façons de perdre des matchs cette année. »

Le petit numéro 11 qui, en l’absence du capitaine Max Pacioretty, a rempli sensiblement le même rôle avec les médias n’a certes rien à se reprocher personnellement. Ses 31 buts et 54 points constituent des sommets personnels.

Mais l’attaquant ne voulait simplement plus jamais vivre ce « sentiment d’échec ».

« La dernière fois qu’on a vécu ça, on ne voulait plus jamais passer par là », a-t-il laissé tomber en référence à la saison 2015-2016.

Raté.

Jeff Petry et Karl Alzner, eux, préféraient passer rapidement à autre chose.

« On a eu beaucoup d’obstacles à surmonter cette année et on n’y est pas arrivé. C’est désolant. On aura une autre chance l’an prochain. Il n’y a pas grand-chose à apprendre de cette saison, mise à part retenir le mauvais sentiment. On veut oublier la saison », a estimé Alzner.

Les chantiers sont nombreux. Le CH termine l’année avec le 30e taux d’efficacité en désavantage numérique. Il n’a marqué que 207 buts, ce qui lui vaut le 29e rang dans la LNH.

Et il conclut cette saison en 28e position au classement général, ce qui lui vaut 9,5 % des chances de décrocher le tout premier choix au total du prochain repêchage, pour ceux qui tiennent le compte.

On peut citer le très mauvais départ de l’équipe qui a échappé 7 de ses 8 premiers matchs. Elle ne s’en est jamais vraiment remise.

On peut penser aux très nombreuses blessures aux joueurs d’importance comme Shea Weber, Max Pacioretty, Carey Price, peut-être même Victor Mete.

Mais il y a eu un autre problème majeur.

« La constance », selon Jonathan Drouin.

« Moi-même, c’est la constance que je n’ai pas aimée. L’équipe, c’est la même chose. Il y a des matchs qu’on joue bien contre des équipes qui sont vraiment bonnes et il y a des matchs qu’on joue juste normal contre des équipes qui ont la même place que nous ou de milieu de peloton. Il faut trouver la façon d’être pas mal la même équipe chaque soir », a-t-il fourni en guise d’explication.

« Je sais d’expérience que j’ai toujours plus appris dans les moments difficiles que dans les moments faciles. On risque de voir beaucoup de joueurs, et nous les entraîneurs, mieux gérer les situations dorénavant. Tu ne cesses jamais d’apprendre. On va tirer une leçon de cette saison », a fait valoir Claude Julien.

« On s’attendait à connaître des défis en cours de route, mais il y en a eu beaucoup plus que ce à quoi on s’attendait », a renchéri l’entraîneur.

Il faudra maintenant en tirer les constats qui s’imposent. On aura une bonne idée de l’évaluation que fait l’organisation de cette équipe dès lundi, lorsque Marc Bergevin, et peut-être Geoff Molson, affronteront les caméras.

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