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Le CH a célébré le centenaire de la LNH en s’écrasant

BILLET - Que retenir du dernier week-end, sinon que le premier siècle du Canadien dans la LNH se termine sur une note pas mal moins prometteuse qu'à ses débuts?

Le 19 décembre 1917, le CH avait entrepris son aventure dans la nouvelle LNH en défaisant les Sénateurs d’Ottawa au compte de 7-4. Auteur de cinq buts, Joe Malone avait éclipsé la vedette offensive des Sénateurs, Cy Denneny, qui avait tout de même répliqué avec un tour du chapeau.

Il y a 100 ans, le Canadien ne voulait rien savoir. Les Montréalais avaient allègrement bardassé leurs adversaires. Le CH avait bouclé son premier match dans la nouvelle ligue avec 23 minutes de pénalité contre seulement 3 pour les locaux. À lui seul, le défenseur Joe Hall avait écopé 14 minutes de pénalité dans ce match (Hall a finalement passé 230 minutes au cachot en 1917-1918), ce qui laisse deviner que son gardien Georges Vézina n’avait pas été trop importuné par l’équipe locale.

Newsy Lalonde (auteur d’un but et une passe lors du premier match) occupait aussi les fonctions d’entraîneur lors de la saison inaugurale. Sur le chemin du retour, Lalonde devait se dire qu’il y avait quelque chose de positif à bâtir avec le groupe de joueurs qu’on lui avait attribué.

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Cent ans moins trois jours plus tard, le Canadien a peut-être offert sa pire performance d’une saison qui est déjà très loin d’être reluisante.

Dans un match présenté « d’un Atlantique à l’autre » comme disait Claude Ruel et censé être le point culminant des célébrations du centenaire de la ligue, les hommes de Claude Julien ont une fois de plus trouvé le moyen de réanimer une équipe en chute libre (et malheureusement, ce n’était pas la leur).

Depuis le 1er novembre, les Sénateurs forment de loin la pire équipe de la LNH. Avant samedi, ils n’avaient remporté que deux de leurs 14 dernières rencontres. Depuis un mois et demi, les Sens étaient presque synonymes de « risque zéro » et leur situation rappelait celle des Coyotes de l’Arizona, qui étaient la risée de la LNH lorsqu’ils s’étaient présentés au Centre Bell le 16 novembre dernier (et qui en étaient ressortis avec une victoire).

Incroyablement figé, le CH n’a pourtant pas touché à la rondelle de la soirée.

Les matchs extérieurs obligent les équipes à modifier leur façon de jouer. La qualité de la glace est moindre, les bâtons ne réagissent pas de la même façon et le froid intense (on ressentait -18 degrés samedi à Ottawa) rend la rondelle encore plus dure, plus bondissante et plus difficile à recevoir et à manier.

Un match extérieur est à la finesse ce que « Rambo » Gauthier est à la subtilité. Ils sont incompatibles.

Pour remporter un match extérieur, il faut bûcher. Il faut placer la rondelle en territoire adverse et bûcher pour la sortir des coins et la rediriger vers le filet. Et à leur tour, ceux qui se trouvent près du filet doivent bûcher pour tenter de gagner le moindre centimètre d’espace, déranger le gardien et tenter de rediriger le disque.

À l’évidence, ce n’est pas la tasse de thé du CH.

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Pendant que les Sénateurs tiraient de tous les côtés et que Carey Price se faisait brasser à qui mieux mieux, le Tricolore n’a obtenu aucune chance de marquer de qualité au cours des 40 premières minutes de jeu. Aucune comme dans zéro. De mémoire, il s’agissait d’une première.

Au bout du compte, le CH n’a obtenu que quatre chances de marquer de qualité et Brendan Gallagher a généré trois de celles-ci. La seule autre chance de déjouer Craig Anderson est revenue à Max Pacioretty alors qu’il ne restait que trois minutes à écouler...

Dans la LNH, jouer pour ,500 n’équivaut pas à remporter au moins de la moitié de ses matchs comme c’est le cas dans les autres grands championnats sportifs. Dans la LNH, maintenir une moyenne de ,500 signifie qu’on amasse la moitié des points disponibles au classement. Dans la LNH moderne, jouer pour ,500 signifie terminer une saison avec 82 points en banque. Ce n’est donc pas un seuil de respectabilité mais plutôt un signe évident de médiocrité.

En s’inclinant face aux pauvres Sénateurs d’Ottawa samedi, le Canadien est une fois de plus retombé sous la barre de ,500 (récolte de 32 points en 33 matchs).

Lorsqu’une équipe évolue dans la plus faible division de la LNH (les 5 derniers échelons de la Conférence de l’Est sont détenus par des équipes de la Division atlantique) et qu’elle peine à jouer pour ,500, ça signifie quelque chose. Quand les pires équipes de la ligue semblent à l’aise (et même parfois dominantes) contre votre formation, le message est aussi très clair. Quand une équipe s’écrase systématiquement chaque fois qu’elle a l’occasion de relancer sa saison, ce n’est pas de la malchance.

Le Canadien entreprendra son deuxième siècle dans la LNH mardi à Vancouver. Ce n’est que très préliminaire comme observation mais on dirait qu’il s’annonce pas mal plus long que le premier.

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