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Le CH était à court de solutions pour contrer les Bruins

Depuis le début de la saison, il est souvent reproché à Claude Julien de ne pas être en mesure d'assembler des trios productifs. On a eu la preuve du contraire samedi soir. Sauf que le trio en question arborait l'autre chandail.

Un texte d'Alexandre Gascon

On parle bien évidemment de la combinaison fatale formée de Brad Marchand, Patrice Bergeron et David Pastrnak, qui a offert un grand spectacle.

L’idée de réunir le duo Marchand-Bergeron est venue à l’entraîneur du Tricolore en 2011, l’année de la conquête de la Coupe Stanley des Bruins.

« Si j’avais su que j’allais les affronter aujourd’hui, je les aurai probablement gardés séparés toutes ces années », a résumé Claude Julien, moqueur.

Mieux vaut en rire, en effet, même les lèvres pincées.

Ce n’est pas que le Canadien n’a pas essayé. Il disputait un deuxième match en 24 heures contre l’équipe de l’heure dans la Ligue nationale, et il serait fallacieux de lui reprocher un manque d’efforts.

C’est simplement que la crème est ressortie. Les Bruins voguent sur une incroyable série de 16 matchs (12-0-4) avec au moins un point. Le premier trio bostonien a produit 54 points pendant cette séquence : 20 pour Marchand, 19 pour Bergeron et 15 dans le cas de Pastrnak.

Samedi, Julien leur a principalement opposé son meilleur trio défensif, celui de Plekanec, ainsi que Jordie Benn et Jakub Jerabek en défense. Il faudra visiblement revoir la recette.

Sur les quelque 12 minutes que Bergeron et compagnie ont passé sur la glace à 5 contre 5, ces joueurs y étaient pendant plus de 7 minutes et semblaient franchement dépassés par les événements.

Certes, l’entraîneur-chef Bruce Cassidy a profité d’un dégagement refusé pour envoyer la bande à Bergeron se repaître du quatrième trio du CH, ce qui a mené directement au deuxième but du match des siens, mais dans l’ensemble, aucun homme du Bleu-blanc-rouge ne faisait le poids.

« Tu fais de ton mieux pour limiter les dégâts. C’est toujours la clé. Si on peut empêcher ces gars-là de faire du dommage, on a une chance de gagner. Mais on a beau montré leurs jeux et demander à nos joueurs d’être impliqués et de réagir dans ces situations... », a laissé tomber Julien, à court d’explications.

Tout a été dit sur la ligne de centre du Tricolore cette saison, mais en regardant les formations partantes samedi soir, difficile de ne pas sourciller. Avec les blessures à Phillip Danault et à Andrew Shaw, avec l’expérience Jonathan Drouin qui se poursuit, c’est pratiquement trois trios sans véritable pivot naturel qui se mesurait aux Bergeron, David Krejci et Riley Nash.

« Dans un monde idéal », comme disait Marc Bergevin…

Battus par plus fort

Les joueurs rencontrés dans le vestiaire refusaient de s’apitoyer sur leur sort, d’abandonner. Mais ils étaient presque tout aussi admiratifs devant le travail du premier trio des Bruins que frustrés de leur impuissance.

« Ils ont beaucoup d’habiletés, mais ils excellent en défense. Des cercles de mises au jeu dans notre zone jusqu’à la ligne rouge, ils mettent énormément de pression et ça devient difficile de créer quoi que ce soit. En y pensant bien, je crois qu’ils constituent un des meilleurs trios, sinon le meilleur », a estimé Karl Alzner, l’un des rares Montréalais à ne pas terminer la soirée avec un différentiel négatif.

« On savait qu’on avait besoin de freiner leur premier trio pour pouvoir les battre. Mais on n’a pas réussi et ils ont eu beaucoup de chances de marquer. J’ai vraiment l’impression que ces trois joueurs ont souvent été en position de marquer ce soir. Il faut qu’on trouve une façon de contrer les trios comme ça, même s’il n’y en a pas beaucoup dans la ligue », a fait valoir Max Pacioretty, unique buteur de sa formation, une septième réussite en sept matchs pour lui.

Pour Carey Price, ces Bruins commencent à lui rappeler de mauvais souvenirs.

« Ils me font penser à leur équipe qui a gagné la Coupe. Ils ont quatre trios qui appliquent vraiment très bien leur système de jeu », a lancé le gardien, dépité d’avoir accordé ce but depuis l’arrière du filet à Pastrnak.

« J’ai jeté un regard en arrière de moi et, au moment où je me suis retourné, il a décoché son tir au filet. Je n’ai pas eu la chance de réagir », a-t-il expliqué.

Pas de doute, l’absence prolongée de Shea Weber - le défenseur a manqué un 14e match d’affilée - commence à peser lourd sur les épaules de ses coéquipiers.

« Il nous manque, c’est clair », n’a pas hésité à répondre Claude Julien.

Le CH conclut cette semaine cruciale avec une récolte de 4 points sur une possibilité de 10 et un seul en trois matchs contre les Bruins. Les possibilités d’atteindre les séries éliminatoires, quoique déjà faibles, sont minimes maintenant.

Plus inquiétant encore, c’est que le Canadien a simplement paru déclassé par une formation supérieure.

« Le premier match ici, on aurait dû le gagner. Le deuxième, il faut l’effacer, on ne s’est pas présentés. Ce soir, on est là, mais ce n’est pas assez. On ne matche pas avec eux présentement, c’est clair. Peut-être qu’avec le retour de Shea Weber et quelques petits ajustements ici et là, peut-être a-t-on une meilleure chance », a estimé l’entraîneur.

Peut-être…

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