Médiatiquement parlant, le fait qu'une organisation de la LNH décide de ne pas renouveler le contrat d'un de ses recruteurs constitue très rarement une « nouvelle ». Mais est-ce que ça le devient quand, à moins de deux semaines du repêchage, une organisation comme le Canadien laisse partir 25% de ses recruteurs amateurs?

La réponse n’est pas aussi évidente qu’il n’y paraît.

En fin de semaine, Steve Ludzik fils, qui épiait le territoire ontarien à temps partiel depuis deux ans pour le CH, a annoncé sur Twitter qu’il avait reçu un appel du directeur général adjoint Trevor Timmins et que ce dernier lui avait annoncé que son contrat n’allait pas être renouvelé.

Faisant valoir que le Canadien a connu pas mal de succès avec ses choix de repêchage ontariens depuis 2016, certains médias se sont insurgés contre cette décision. Par exemple, The Gazette écrivait hier que « Steve Ludzik est parti, mais ne sera pas oublié ». Rappelant les sélections de Mikhail Sergachev, Victor Mete et du prometteur espoir William Bitten, le quotidien montréalais titrait que le jeune recruteur avait « laissé sa marque chez le CH durant son court passage ».

Les choses ne fonctionnent toutefois pas exactement dans cette façon. Au sein d’une organisation comme le CH (ou de toute autre formation de la LNH), ce ne sont pas les recruteurs à temps partiel qui prennent les décisions. Encore moins ceux qui viennent tout juste de se greffer au personnel déjà en place.

Il existe une hiérarchie au sein d’une équipe de recrutement. Bien que leur avis soit requis et leurs rapports scrutés de la même manière que ceux de leurs collègues, les nouveaux recruteurs doivent en premier lieu faire leur place et gagner la confiance de leurs patrons avant d’obtenir de plus grandes responsabilités. En attendant, tous les espoirs qu’ils identifient sont méticuleusement vus et revus par un superviseur régional, le recruteur-chef ou le directeur du recrutement.

Steve Ludzik fils était-il un bon recruteur? Probablement. Mais personne d’autre que ses supérieurs n’avaient accès à ses rapports. Il est donc très hasardeux de blâmer les dirigeants du CH à la suite de cette décision.

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Vérification faite, ce n’est pas un, mais quatre des 15 recruteurs amateurs du Canadien qui ont appris ces derniers jours que leur contrat (venant à échéance le 30 juin) n’allait pas être renouvelé.

Outre Ludzik, le vétéran Alvin Backus (qui supervisait la BCHL en Colombie-Britannique), Andy Bezeau (territoire de la Nouvelle-Angleterre) et un autre vétéran, Pat Westrum (Ouest canadien, et plus récemment les écoles secondaires du Minnesota) ont appris que leurs contrats n’allaient pas être renouvelés dans trois semaines.

Comme Ludzik, Bezeau était assez nouveau au sein de l’organisation. Backus et Westrum y étaient depuis six et onze ans, respectivement. Selon le directeur des communications du Canadien, Dominick Saillant, tous étaient des employés à temps partiel.

Ces décisions (que le CH avait l’intention d’annoncer la semaine prochaine au repêchage) ressemblent davantage à une restructuration qu’à autre chose. Si le Canadien n’a pas été très performant au repêchage amateur depuis une dizaine d’années, ce ne sont certainement pas ses recruteurs à temps partiel qui doivent porter le chapeau.

Cela dit, les plus récents repêchages de l’organisation se sont avérés intéressants. Et celui qui vient sera déterminant pour l’avenir de l’organisation et de ses dirigeants.

Avec cette décision de retrancher ces quatre employés (certains seront peut-être remplacés), le CH se retrouve avec 11 recruteurs amateurs, sans compter le directeur du recrutement amateur Shane Churla et Trevor Timmins, qui assume la responsabilité ultime au sein de l’organisation en matière de repêchage des jeunes espoirs.

À titre comparatif, voici comment sont structurées trois des équipes les plus performantes en recrutement dans la LNH :

- Le Lightning de Tampa Bay mise sur 14 recruteurs amateurs en plus d’un recruteur-chef et d’un directeur du recrutement. Le directeur général adjoint, Julien BriseBois, participe aussi activement aux activités de recrutement.

- Les Predators de Nashville comptent 11 recruteurs amateurs et un recruteur-chef. Dans leur structure, l’ex-DG adjoint Paul Fenton (maintenant à la tête du Wild du Minnesota) s’impliquait aussi directement en matière de recrutement.

- Les Ducks d’Anaheim (selon leur guide de presse) font appel à seulement six recruteurs amateurs et à deux directeurs.

Bref, comme à peu près tous les changements annoncés depuis la fin de la saison chez le Canadien, ceux qui sont en train d’être apportés au sein du personnel de recruteurs sont périphériques et ne touchent pas les réels centres de décision.

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