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Le CH, Pâques et la foi qui déplace l'homme montagne

BILLET – Pour un week-end de Pâques, c'en était tout un.

Un texte de Martin Leclerc

Miraculeusement ressuscité vendredi soir alors qu’il ne restait que 17,3 secondes à disputer dans le second match éliminatoire contre les Rangers de New York, le Canadien a atteint un impressionnant état de plénitude dimanche dans le Big Apple.

Après avoir vu Tomas Plekanec sortir de sa grotte et Alex Radulov racheter ses péchés le soir du Vendredi saint, les hommes de Claude Julien ont enchaîné avec leur meilleure prestation de la saison. Une performance défensive quasi parfaite qui a presque tourné en ridicule l’attaque des Rangers, pourtant la quatrième plus efficace de la LNH.

Depuis le début de cette série, le CH détient une avance de 42 à 28 sur les New-Yorkais en ce qui a trait aux chances de marquer. Et pour un second match dans cette série, les Rangers ont été limités dimanche à seulement sept chances de marquer en 60 minutes de jeu (contre 14 pour le CH). Ça ne fait pas des enfants forts.

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Entre le milieu de la deuxième et la fin de la troisième période, New York a passé plus de 31 minutes de jeu sans être capable de défier Carey Price. Quand les Blue Shirts sont enfin parvenus à retourner dans l’enclave avec la rondelle, il ne restait que cinq minutes à jouer et le CH détenait une avance de 3-0. Jeu. Manche. Match.

Leur seule victoire dans cette série, les Rangers la doivent à Tanner Glass, un vétéran joueur de quatrième trio qui a passé presque toute la saison dans la Ligue américaine.

Alain Vigneault n’a pas tort lorsqu’il déclare que son quatrième trio est son plus efficace. Jusqu'à présent, Artturi Lehkonen (6) a obtenu presque autant de chances de marquer que les trois membres du premier trio des Rangers réunis. Chris Kreider, Derek Stepan et Mats Zuccarello n’ont obtenu que sept face-à-face de qualité avec Carey Price lors des trois premières rencontres.

Et depuis que J.T. Miller a passé un fort mauvais 30 secondes entre les mains de l’homme montagne (aussi appelé Shea Weber) vendredi soir, le trio qu’il forme avec Kevin Hayes et Michael Grabner est en quelque sorte porté disparu. Dimanche, on a surtout remarqué Hayes au moment où il était pendu au cou d’Alex Radulov pendant que ce dernier déjouait Henrik Lundqvist d’une seule main.

Offensivement, le CH a clairement dominé les cinq dernières périodes de jeu de cette série. On parle d’une séquence de près de 100 minutes. Les Rangers? Ils n’ont eu le dessus que dans deux périodes sur dix depuis le début des hostilités.

Que dit la loi de la moyenne? Elle dit que vous ne remporterez jamais une série 4 de 7 contre Carey Price en vous faisant étouffer de la sorte.

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Dans un autre ordre d’idées, lorsqu’on regarde jouer Shea Weber face aux Rangers, il est difficile de ne pas se rappeler les commentaires qui émanaient de Nashville, en juin 2016, quand le CH avait fait son acquisition des Predators de Nashville.

On racontait que Weber, plombé par une utilisation soutenue durant la saison régulière, avait de la difficulté à élever son niveau de jeu quand le grand tournoi printanier se mettait en branle.

Cela n’est peut-être pas étranger au fait que le CH ait complètement sorti Weber de la formation dans la semaine précédant les séries. Toujours est-il que l’homme montagne est partout face aux Rangers.

Il appuie encore plus l’attaque qu’en saison. Auteur d’un but en avantage numérique dimanche, il avait aussi failli éteindre les lumières des Rangers vendredi soir en atteignant deux poteaux. Weber a obtenu plus de chances de marquer que Radulov et Brendan Gallagher dans cette série.

Weber continue aussi d’exceller défensivement (les difficultés du premier trio des Rangers ont été évoquées ci-haut). Et même s’il a été chargé des missions les plus difficiles, il présente le meilleur bilan défensif de l’équipe (+3). Enfin, la hargne dont il fait preuve, particulièrement à l’endroit de Zuccarello, allège considérablement la circulation autour du filet du CH.

Les séries sont bien jeunes, direz-vous. Mais jusqu'à maintenant, Marc Bergevin semble avoir bien eu raison de déplacer la montagne de Nashville à Montréal.

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