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Le chantier du Réseau express métropolitain officiellement lancé

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, le président de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), Michael Sabia, et la mairesse de Montréal, Valérie Plante, procèdent en ce moment au lancement des travaux du Réseau express métropolitain (REM), un méga projet de 6,3 milliards de dollars.

Les politiciens, de même que les représentants des consortiums choisis par CDPQ Infra, NouvLR et Partenaires pour la mobilité des Montréalais (PMM), sont réunis au New City Gas, une salle de spectacle de Griffintown située sur le trajet du REM, près de la gare Centrale et de l'autoroute Bonaventure.

La conférence de presse, qui a débuté vers 15 h, doit être suivie de la traditionnelle pelletée de terre – un exercice largement symbolique, puisque sur le terrain, les travaux ne devraient pas commencer aujourd'hui.

On sait cependant que le service bientôt suspendu les week-ends sur la ligne Deux-Montagnes afin de permettre la réalisation des travaux préparatoires, et ce, jusqu'à la fin de l'été.

Le projet de loi permettant à la CDPQ de développer le REM ne comprend aucune exigence de contenu local, ce qui avait valu plusieurs critiques au gouvernement Couillard. Le REM a également suscité la grogne de certains élus régionaux en raison notamment des privilèges qu'il a obtenus, mais aussi du manque de transparence et des risques d'explosion des coûts pour les municipalités.

SNC-Lavalin grands projets, Dragados Canada, Groupe Aecon Québec, Pomerleau et EBC ont été retenus pour l'ingénierie, l'approvisionnement et la construction des infrastructures. Deux participants se joindront à l'équipe : SNC Lavalin inc. et Aecom consultants. Ce consortium a été baptisé « NouvLR ».

Pour la fourniture du matériel roulant, des systèmes et services d'exploitation et de maintenance, le consortium retenu, « PMM », est formé d'Alstom transport Canada et SNC-Lavalin O & M. Le géant français du matériel roulant a par ailleurs annoncé l'implantation à Montréal d'un centre d'expertise, qui devrait compter près de 100 professionnels.

PMM a été retenu au détriment de Bombardier Transport, qui aurait pu construire les voitures du REM à son usine de La Pocatière. La Coalition avenir Québec s'est d'ailleurs engagée à renégocier ce contrat.

Le PLQ se défend de s'être ingéré dans les décisions de la Caisse

Plus tôt aujourd'hui, le gouvernement Couillard a également dû se défendre de s'être ingéré politiquement dans les décisions de la Caisse de dépôt pour prolonger le REM dans l'ouest de l'île de Montréal.

L'opposition péquiste a baptisé les éventuelles stations du REM « Leitao », « Coiteux » et « Kelley », du nom des ministres libéraux qui représentent les circonscriptions où passera le train léger dans le secteur visé.

Le chef péquiste Jean-François Lisée a aussi rappelé un article de La Presse qui faisait état des interventions des ministres Carlos Leitao, Martin Coiteux et Geoffrey Kelley afin que le REM se rende plus loin que Dorval, comme ce qui était prévu dans la première ébauche du projet.

Le Parti québécois affirme que le coût du tronçon – évalué à 1,2 milliard de dollars – est plus élevé que ce que l'achalandage justifie pour l'antenne du REM qui couvrira ce secteur, alors qu'un système rapide par bus (SRB) aurait été plus approprié.

Cependant, le premier ministre Couillard a démenti que des critères partisans ont été appliqués. Il a affirmé que plusieurs organismes ont recommandé de pousser plus loin le transport en commun dans l'ouest de l'île.

Un projet titanesque

Le REM est un projet de train de banlieue de 6,3 milliards de dollars mené par la Caisse de dépôt, mais également financé par le Québec, le gouvernement fédéral et Hydro-Québec.

Il comprend une grande ligne qui va de la couronne Nord (Deux-Montagnes) à la Rive-Sud (Brossard) en passant par l'île de Montréal, ainsi que deux segments vers l'ouest de l'île, pour un total de 26 stations.

Les travaux doivent commencer en avril et se terminer en 2021.

Selon un sondage commandé par la Caisse de dépôt, 78 % des répondants de la région métropolitaine ont une bonne opinion sur le projet; 13 % expriment un point de vue contraire.

Le sondage, dont les résultats ont été dévoilés aujourd'hui, a été réalisé en avril auprès de 1000 personnes. À l'aide des données de Statistique Canada, les résultats ont été pondérés selon le sexe, l’âge, les régions et la langue maternelle afin de rendre l'échantillon représentatif de l'ensemble de la population à l’étude. Certains segments de la population ont été suréchantillonnés à la demande des mandataires, mais la firme Léger estime que les résultats globaux demeurent représentatifs de la région métropolitaine de Montréal.

Avec la collaboration de Julie Marceau

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