Retour

Le chef du PLQ veut stimuler le militantisme de ses membres

Après des années de rigueur budgétaire, les membres du Parti libéral du Québec (PLQ) souhaitent passer à autre chose. Le parti, qui tient son Conseil général en fin de semaine à Laval, souhaite plutôt parler de justice sociale et de militantisme au sein du parti.

Dans son discours d'ouverture,samedi, le premier ministre a admis devant les quelque 500 militants présents qu'il y a encore du travail à faire pour encourager les membres du PLQ à s'impliquer davantage dans les discussions et les décisions au sein du PLQ.

« Il n'y a pas de parti politique sans militantisme. Notre devoir est de nous engager ensemble dans cette discussion », dit Philippe Couillard. « Mon devoir sera de vous écouter. Notre devoir sera de formuler des actions. »

Les militants semblaient encouragés par le message lancé par Philippe Couillard, puisque certains d'entre eux accusent les dirigeants de ne pas suffisamment écouter la base militante.

« L'objectif n'est pas de faire un show de boucane, mais de faire en sorte que les citoyens prennent goût à l'engagement politique et les personnes qui peuvent agir, ce sont les militants, les députés », affirme le président sortant de la Commission politique du PLQ, Jérôme Turcotte, qui a récemment produit un rapport dénonçant, entre autres, le trop grand contrôle exercé par l'entourage du premier ministre sur les orientations privilégiées par le parti.

Pour sa part, Martin Drapeau, militant du PLQ depuis 36 ans dans la circonscription de Groulx, a vivement reproché au gouvernement Couillard de négliger de faire le suivi, qui devrait normalement être fait, des résolutions votées par les membres lors des conseils généraux et des engagements électoraux pris par le parti.

M. Drapeau avait créé un grand malaise en 2010, lors d'un conseil général, en proposant la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, une idée qui était alors restée lettre morte, puisqu'aucun militant dans la salle n'avait appuyé sa proposition.

Selon M. Couillard, le rapport de M. Turcotte prouve que son parti est celui qui est le plus ouvert aux débats.

Le PLQ se penchera également au courant de la fin de semaine sur une nouvelle résolution-cadre portant sur les politiques sociales et le bien-être de la jeunesse, des familles, des travailleurs, des aînés, des Autochtones et des immigrants. L'idée d'un revenu minimum garanti pour les travailleurs à faible revenu est envisagée.

En discutant de sujets d'ordre social, le PLQ souhaite parler d'autre chose que de la question de la rigueur budgétaire et plutôt tenter de montrer aux Québécois que le PLQ a commencé à réinvestir dans diverses sphères. 

« Je pense qu'il y a eu tout un travail sur la rigueur budgétaire qui a été fait. Là, on réinvestit. Ce sont des gestes concrets qui ont été faits. On a réinvesti au niveau de l'éducation, de la santé et de l'économie... La page a déjà été tournée », a affirmé pour sa part la ministre libérale de l'Économie, Dominique Anglade, à son entrée au Conseil, samedi.

Les militants du parti doivent également discuter des « valeurs libérales. »

Par ailleurs, des travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux, affiliés à la CSN, ont manifesté devant l'hôtel où se tient la réunion.

Cette manifestation de syndiqués travaillant sur les territoires de Montréal, des Laurentides et de Lanaudière visait à dénoncer ce qu'ils appellent « le démantèlement du réseau public ».

Le vice-président de la CSN, Jean Lacharité, déplore que le gouvernement Couillard ait appliqué des mesures de compressions budgétaires « faramineuses » pour atteindre l'équilibre budgétaire et qu'il continue son opération malgré le surplus budgétaire.

Il accuse le gouvernement d'avoir saccagé le réseau « pour s'en aller vers une privatisation encore plus grande ».

M. Lacharité affirme que la qualité des services est menacée et que le personnel du réseau de la santé « est à bout de souffle ». 

« On le voit sur le terrain. Dans Lanaudière, on a vu une situation où il y avait 1 préposé pour 21 patients. Quand on entend que les gens doivent attendre 45 minutes avant que le préposé puisse les aider pour aller aux toilettes, ça n'a pas de bon sens », ajoute M. Lacharité.

Un sondage de la firme Léger obtenu par La Presse canadienne démontre que les libéraux sont en baisse dans les intentions de vote.

Selon cette enquête, 79 % des Québécois francophones et 67 % des Québécois non francophones estiment que, sous la gouverne de Philippe Couillard, les problèmes de corruption sont « aussi importants » ou « plus importants » que ce qui se passait sous les gouvernements précédents.

Près de 70 % des Québécois francophones et 26 % des Québécois non francophones croient que PLQ est le parti ayant reçu le plus de contributions illégales.

Ce sondage, effectué du 7 au 10 novembre, a été commandé par la Coalition avenir Québec (CAQ), qui cherchait à tester la perception des Québécois envers les différents partis politiques sur la question de l'intégrité et du financement.

Les membres de la CAQ sont d'ailleurs réunis ce week-end à Drummondville pour leur troisième Congrès national. La CAQ profitera de cette réunion pour définir clairement sa position par rapport à la question constitutionnelle en ajoutant un « article 1 » à son programme politique.

Plus d'articles