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Le cinéma est plus « paresseux » que la musique, dit le réalisateur Mathieu Amalric

L'acteur et réalisateur Mathieu Amalric fait un court saut à Montréal cette fin de semaine pour venir présenter deux de ses courts métrages, qui rendent hommage à des musiciens, au Festival international du film sur l'art (FIFA), dont c'était l'ouverture jeudi à Montréal.

Les films ont comme sujet deux artistes internationaux. Zorn est un dialogue entre le réalisateur et le musicien et compositeur John Zorn, des amis. Music is Music documente l’enregistrement d’un album de Barbara Hannigan, soprano et chef d’orchestre, qui est également l’amoureuse d’Amalric depuis trois ans.

L’amateur de musique, dont le visage est connu internationalement surtout en raison de son rôle de méchant dans le film de James Bond 007 Quantum, a déjà dit qu’il aurait pu devenir pianiste s’il « avait été assez fort » et affirme que « le cinéma est un lieu un peu plus paresseux ».

« La musique, contrairement à ce qu’on croit, est un travail de chien, a-t-il affirmé en entrevue avec Catherine Perrin, animatrice de l’émission Médium large. C’est une athlète Barbara Hannigan, elle travaille tout le temps son corps. »

Au cinéma, « l’inattendu peut être adopté plus facilement et c’est un tout petit peu plus pour les contemplatifs », croit-il. Le 7e art plaît au réalisateur parce qu’il permet de regrouper différentes disciplines artistiques, comme la peinture ou la musique, et de raconter toutes sortes d’histoires.

Un bricoleur de film, avant d’être un acteur

Durant sa longue entrevue avec Catherine Perrin, Mathieu Amalric raconte que d’être devant la caméra ne lui est pas venu naturellement.

Ce n’est qu’à 30 ans que le réalisateur français Arnaud Desplechin l’a « inventé comme acteur », a-t-il raconté. Autrement, Amalric, qui a commencé sa carrière comme technicien à 17 ans, aurait continué d’œuvrer derrière la caméra.

Plutôt associé en France au cinéma d’auteur, Mathieu Amalric ne lève toutefois pas le nez sur les superproductions hollywoodiennes, tant et aussi longtemps que les artisans qui mènent le projet l’intéressent.

Décrivant le tournage du film Munich (2005), du réalisateur Steven Spielberg, il affirme que ce dernier est « tellement habité, que finalement, ce n’est pas très loin d’un Desplechin, c’est juste l’échelle qui est différente ».

« Au lieu d’avoir 20 techniciens, il y en a 400 et donc il ne faut pas trop se planter. »

Mathieu Amalric présentera ses courts métrages, le samedi 10 mars à 20 h, au Musée des beaux-arts de Montréal. Les projections seront suivies d’une discussion.

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