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Le cinéma Excentris suspend sa programmation

Le cinéma Excentris, un des rares diffuseurs de cinéma d'auteur à Montréal, suspend ses activités en salle par le dépôt « d'un avis d'intention de faire une proposition à ses créanciers ».

Les projections sont donc interrompues jusqu'à nouvel ordre. Le cinéma maintient toutefois pour le moment la location de films en ligne et la tenue d'événements d'entreprise et de lancements de presse.

L'établissement du boulevard Saint-Laurent est, depuis quelques années, aux prises avec un problème d'approvisionnement de films qui l'empêche de diffuser de nombreux films attendus, mettant ainsi en péril sa rentabilité.

Le cinéma Excentris tire 80 % de ses revenus des films indépendants à plus grande portée (Woody Allen, Quentin Tarantino ou Wim Wenders), qui représentent par contre seulement 20 % de sa programmation. Le cinéma diffuse donc en majorité des films de niche qui ne peuvent, seuls, assurer sa bonne santé financière.

Depuis quelques années, le cinéma peine à obtenir ces films qui attirent en plus grand nombre les cinéphiles. Cette situation perdure depuis la réouverture de l'établissement en 2011 et s'est amplifiée l'été dernier en raison « des modifications rapides des stratégies commerciales de mise en marché des films », soutient l'Excentris.

Sa directrice générale, Hélène Blanchet, a expliqué par voie de communiqué que le cinéma était victime « de la concentration de la distribution et de la diffusion de films au pays ».

Les réactions à la nouvelle ont été nombreuses, plusieurs producteurs étant forcés de reporter la sortie prochaine de leurs films. Louis Dussault, de K-Films Amérique, a notamment dénoncé la situation par voie de communiqué.

« Que font la SODEC et le ministère de la Culture du Québec, et la Ville de Montréal pour laisser faire une telle chose? Le Québec ne peut-il pas se payer la plus belle salle de cinéma qui programme du cinéma international à longueur d'année et des documentaires? »

Une santé financière précaire

Rappelons que le cinéma Parallèle, qui existe depuis 1967, a emménagé en 1999 dans les locaux du complexe Excentris, fondé par Daniel Langlois. Après une première fermeture en 2009, l'établissement a rouvert ses portes en 2011, grâce notamment à l'aide financière de la SODEC et de la Ville de Montréal, qui lui a permis d'acquérir les trois salles de cinéma et le hall pour un montant de 7,75 millions $.

En février 2014, en collaboration avec l'Office national du film, Excentris a lancé un service de location de films en ligne.

Puis, en octobre 2014, le Cinéma Excentris a sollicité la contribution des cinéphiles en lançant une campagne de sociofinancement de 10 000 $ pour ainsi se rapprocher de son objectif annuel de 150 000 $ en financement privé.

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