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Le commandant Robert Piché vole au secours du Centre Mélaric

Le commandant Robert Piché, qu'un atterrissage d'urgence aux Açores a rendu célèbre en 2001, s'intéresse aux démarches visant à rouvrir le Centre Mélaric, à Saint-André-d'Argenteuil, dans les Laurentides, un établissement pour personnes aux prises avec des dépendances.

Un texte d'Anne-Louise Despatie

Nos sources indiquent que Robert Piché a rencontré les membres du conseil d'administration de la Fondation Mélaric, la semaine dernière, et a même été nommé sur ce conseil.

M. Piché a sa propre fondation depuis 2007 et vient en aide à différents centres de thérapie contre les dépendances. Mais le commandant Piché ne cache pas son désir d'ouvrir un centre thérapeutique, un projet qu'il caresse depuis quelque temps, s'appuyant sur l'expertise de la fondation qui porte son nom.

Il n'a pas voulu confirmer son engagement envers le Centre Mélaric, mais n'a pas fermé la porte non plus.

« J'ai suivi ça à la télé comme tout le monde. Pour le rouvrir, il faudrait que le gouvernement s'implique. Alors, on va voir ce que le gouvernement est capable de faire dans tout ça. Mais l'important, c'est qu'il y a des bénéficiaires, qui étaient chez Mélaric, qui ont été envoyés dans d'autres centres. Et quand on doit aller poursuivre une thérapie ailleurs, c'est dur de t'accrocher dans un autre centre. C'est malheureux ce qui est arrivé à Mélaric, alors on va voir ce qu'on peut faire dans le futur... peut-être proche », a expliqué Robert Piché avec un sourire qui en disait long.

Le cabinet de la ministre déléguée Lucie Charlebois reconnaît qu'il y a eu des progrès et un travail d'accompagnement du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides, depuis plusieurs semaines, avec l'ancienne direction du Centre Mélaric.

Mais, en raison de la dette accumulée avant sa fermeture en janvier, Mélaric doit encore démontrer au gouvernement qu'il sera viable pour cinq ans, c'est-à-dire qu'il bouclera son budget, qu'il retrouvera des bénéficiaires en nombre suffisant pour faire ses frais, de même que le personnel requis. Il doit aussi répondre aux normes de certification.

L'ancienne directrice Lise Bourgault, qui travaille d'arrache-pied pour rouvrir Mélaric, ne veut rien confirmer « parce que tout n'est pas encore ficelé », dit- elle.

Ironiquement, c'est la crise déclenchée par la fermeture de Mélaric qui a poussé le gouvernement à lancer un nouveau programme de 6 millions de dollars permettant de combler le manque à gagner de plusieurs centres de thérapie, depuis les changements apportés à l'aide sociale en 2015.

On ne peut prédire sous quelle forme le Centre Mélaric pourra reprendre ses activités, mais Robert Piché croit avoir une bonne approche pour aider les gens souffrant de dépendances.

« J'ai vu la déchéance humaine et je me suis dit : "si je m'en sors, je vais essayer d'aider les autres" et c'est ce que je fais depuis une dizaine d'années. Nous, c'est sûr qu'on a un intérêt pour ouvrir un centre thérapeutique parce qu'on a un programme de cinq ans pour réhabiliter la personne en société. Nous avons visité deux ou trois centres qu'on essaie d'acquérir. Le nerf de la guerre, c'est l'argent », explique Robert Piché.

Il prépare un événement de financement le 5 mai prochain, la Grande Envolée, un vol à 500 $ le billet dont les profits seront versés à la Fondation Robert Piché. Mais M. Piché n'a pas voulu dire si les fonds recueillis cette année vont servir au Centre Mélaric.

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