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Le conseil municipal de Montréal va recommander la destitution de Philippe Pichet

Les élus du conseil municipal vont voter lundi ou mardi, en grande majorité, pour la destitution définitive de Philippe Pichet à titre de chef de police de Montréal. L'opposition officielle, Ensemble Montréal, a indiqué avant la séance qu'elle appuiera cette décision.

Un texte de Romain Schué

Cette destitution avait été recommandée, à la quasi-unanimité, par la Commission de la sécurité publique de la métropole, la semaine passée.

Le comité exécutif de la Ville de Montréal l'avait ensuite appuyée le 13 juin.

Lundi, en marge de la dernière séance du conseil municipal avant une pause estivale, Ensemble Montréal a annoncé qu'elle soutiendra elle-aussi cette destitution. Un vote sera organisée d'ici la fin de cette rencontre mensuelle.

« Il y a un manque de confiance et d'autorité morale », a souligné Lionel Perez, chef de l'opposition, en précisant que Philippe Pichet n'a plus sa place au sein des effectifs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ensemble Montréal, qui compte 23 des 65 élus siégeant au conseil, a néanmoins émis des réserves sur « la procédure » qui a mené à cette décision de destituer M. Pichet.

L'opposition a indiqué qu'elle aurait voulu rencontrer le commissaire Michel Bouchard, ainsi que le chef du SPVM par intérim, Martin Prud'homme, auteurs de deux rapports accablants contre Philippe Pichet.

Ensemble Montréal a aussi dénoncé le fait que la rencontre entre M. Pichet et les élus de la Commission de la sécurité publique (CSP), qui s'est tenue lundi passé, ait eu lieu à huis clos.

« On pouvait donner une certaine image, une certaine idée au public par rapport au niveau de transparence avec le SPVM », a expliqué le conseiller Abdelhaq Sari, en charge des dossiers de sécurité pour Ensemble Montréal, en évoquant une « grande précipitation » de la part de l'administration de Valérie Plante.

Le conseil d’agglomération devra lui aussi se prononcer, jeudi, sur le sort de Philippe Pichet. Cette instance est constituée de 31 élus de l’île de Montréal, dont Valérie Plante et les 14 maires des villes reconstituées.

La décision finale sera ensuite transmise au ministère de la Sécurité publique, qui statuera sur le sort de l’intéressé.

Poursuite civile lancée

Désigné chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) en août 2015, Philippe Pichet avait été suspendu en décembre 2017 par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux.

Ce dernier lui reprochait les pratiques en vigueur au sein de la division des affaires internes du SPVM, ainsi que sa propre gestion au sein du corps de police.

Fin mai, Philippe Pichet, dont le mandat devait se terminer en 2020, a lancé une poursuite civile afin de retrouver ses fonctions.

En février, la Ville de Montréal l’avait réaffecté à d’autres fonctions. L’administration de Valérie Plante l’avait nommé responsable du service de gestion des immeubles municipaux. Il devait ainsi superviser le travail des agents de sécurité, dont ceux patrouillant à l’hôtel de ville.

Rencontre privée avec des élus

Le 11 juin, pendant près de trois heures, Philippe Pichet a été entendu, à huis clos, par les élus membres de la Commission de la sécurité publique. Il a notamment affirmé être victime d’une « grave injustice ».

L’ex-chef de police, déplorant le fait que personne ne l’a rencontré depuis sa suspension pour obtenir sa version des faits, a également souligné qu’il n’avait passé que 90 minutes avec le commissaire Michel Bouchard, en septembre 2017.

Ce dernier a été l’auteur du rapport dévastateur qui a entraîné la suspension de Philippe Pichet, puis la nomination de Martin Prud’homme comme chef du SPVM par intérim.

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