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Le coup de la dalle n'est pas mieux que le saccage de la mairie, répliquent les pompiers

Si les municipalités ont applaudi à la destruction de la dalle de béton de Postes Canada en plein parc éconature, les pompiers accusent plutôt le maire de Montréal, Denis Coderre, d'appliquer une logique de deux poids deux mesures.

« Il a le droit de ne pas être d'accord avec Postes Canada, mais d'agir de cette façon et d'envoyer un autre signal à ses employés, c'est une situation qui est quand même aberrante », s'est emporté le président de l'Association des pompiers de Montréal (APM), Ronald Martin.

Les pompiers ont encore en travers de la gorge les sanctions prises contre certains de leurs membres dans la foulée du saccage de l'hôtel de ville de Montréal survenu en octobre 2014 contre le projet de loi 3 sur les régimes de retraite.

Six pompiers avaient alors été congédiés et quarante-six autres avaient été sanctionnés, en plus d'être accusés pour la plupart d'attroupement illégal, méfait et voies de fait.

« Nous aussi, on aurait bien aimé s'expliquer lors des événements et on a été muselés par des procédures judiciaires. On a très hâte de s'exprimer là-dessus », insiste-t-il.

Il affirme que leur action à l'hôtel de ville d'octobre 2014 et la destruction de la dalle de béton sont comparables.

L'UMQ à la défense de Coderre

Les municipalités se sont plutôt rangées derrière Denis Coderre vendredi matin par la voix de l'Union des municipalités du Québec (UMQ).

« Ce qui a été fait, ce qui vandalisait le mobilier urbain et le parc nature de la ville de Montréal, c'était des installations sans autorisation préalable de la municipalité par Postes Canada », fait valoir la mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy.

Malgré les critiques envers le coup d'éclat du maire, Mme Roy montre plutôt du doigt la société de la Couronne.

« On a eu des plaintes de plusieurs municipalités où Postes Canada est allée installer ses boîtes communautaires, même à des endroits où ça va créer des problématiques, par exemple au niveau d'un ponceau ou au niveau du déneigement », a-t-elle poursuivi.

Elle déplore le fait que Postes Canada ait décidé de travailler sans l'aval des municipalités, malgré l'engagement qu'elle avait pris auprès d'elles.

« On l'avait clairement exprimé en mots et le geste fait [jeudi] par le maire de Montréal était pour bien signifier à quel point il faut que Postes Canada entende ce qu'on a à dire », clame Suzanne Roy.

« Un geste hautement symbolique »

Le maire de Montréal a continué de défendre son geste vendredi matin. Il affirme n'avoir aucun regret et se dit même « très fier » du geste posé.

« J'attends toujours une réponse des libéraux et conservateurs, en passant », a-t-il ajouté, répondant à la question d'un journaliste lors d'un point de presse pour faire l'annonce de sa nouvelle politique de déneigement.

Ainsi, malgré les critiques, le maire persiste et signe : « j'ai posé un geste hautement politique et symbolique au nom de tous les Montréalais », dit-il.

Il se défend bien d'avoir posé un geste criminel ou de désobéissance civile. Il affirme d'ailleurs que les Montréalais sauront faire la différence entre ce geste qu'il a posé et un acte criminel.

« Ce n'est pas de la désobéissance civile. N'embarquez pas là-dedans. Ce n'est pas un do it yourself ; vous vous faites justice à vous-mêmes. »

Après avoir détruit celle du parc éconature l'Anse-à-l'Orme, dans l'arrondissement de Pierrefonds, Denis Coderre entend toutefois laisser en place la dalle de béton installée par Postes Canada à Cap-Saint-Jacques.

« J'ai posé un geste symbolique [jeudi]. Je pense que ça a porté. Je ne commencerai pas à me promener partout. On va voir les réactions politiques », tranche-t-il.

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