Retour

Le coup de la pince à cils dans l'arsenal de Jean Pascal

Jean Pascal et Steve Bossé s'entendent au moins sur un point : leur combat n'a pas soulevé l'engouement du public comme ils l'avaient anticipé. Un face à face qui selon le grand favori Jean Pascal prendra fin dès le 3e round grâce au mystérieux coup de la pince à cils...

Un texte de Jean-François Poirier

Ring ou salon d'esthétique ?

Quoi qu'il en soit, Jean Pascal n'a pas vraiment l'intention d'adoucir les traits du visage de son opposant avec sa dernière trouvaille à l'entraînement.

« Le coup de la pince à cils, je le pratique depuis 3 mois. C'est du jamais vu, c'est une première. Vous allez vous en rappeler même à 60 ans. »

Steve Bossé a été amusé par la remarque. Après tout, Jean Pascal venait de la dépeindre comme un homme courageux qui n'avait pas froid aux yeux...

Bossé l'électricien, Pascal l'esthéticien. Chacun a choisi son camp.

L'électrochoc entre les deux boxeurs aura lieu vendredi à la Place Bell à Laval, mais seulement 2500 des 6000 billets disponibles ont jusqu'à présent été vendus.

« Qui ne sera pas curieux samedi matin de savoir ce qui s'est passé vendredi soir dans le ring », a insisté le promoteur Yvon Michel lors d'une conférence de presse pour mousser l'événement au Casino de Montréal mardi.

En dépit de leurs déclarations incendiaires, Pascal et Bossé n'ont laissé paraître aucune animosité lors de leur rencontre avec les journalistes.

Les deux hommes ont dû prolonger leur camp d'entraînement de presque quatre semaines afin de permettre aux promoteurs de vendre plus de billets après le report du gala prévu le 29 juin.

« Je pensais que le combat susciterait plus d'intérêt, a avoué Pascal. On me disait que Steve Bossé était connu dans son milieu. Aussi, le 20 juillet n'est pas la meilleure date, les gens partent en vacances. Je ne suis pas le promoteur de l'événement, je suis là pour donner un bon spectacle. »

Ce combat entre un ex-champion du monde de boxe et un spécialiste des arts martiaux mixtes, surtout reconnu pour son talent pugilistique dans le rôle de joueur de hockey, semble en apparence inégale.

À 36 ans, Steve Bossé (1-0-0, 1 K.-O) n'a participé qu'à un seul combat de boxe qui s'est soldé par une victoire par K.-O dès le premier round, mais contre un rival qui n'arrivait pas à la cheville d'un boxeur de 35 ans de la trempe de Jean Pascal (32-5-1, 19 K.-O.).

« Steve Bossé va vivre une nouvelle expérience », a précisé l'entraîneur de Jean Pascal, Stephan Larouche, dans une envolée inspirée de sa participation à un match de hockey avec d'anciens joueurs de la Ligue nationale de hockey.

Sur la scène, à quelques mètres de Larouche, Steve Bossé n'a pas bronché à l'écoute de ces commentaires. Le boxeur de Saint-Jean-sur-Richelieu se réjouissait simplement que le clan adverse le prenne au sérieux.

« Je veux aller chercher de la crédibilité et que les gens quittent après avoir vu un bon combat et qu'ils reviennent me voir. Je me suis entraîné sous la supervision de Sugar Hill dans un gym à Détroit. Là-bas, je me suis beaucoup amélioré. J'ai vu des K.-O tous les jours. Je vais y retourner. »

Le poids à respecter

À deux jours de la pesée, Jean Pascal est demeuré vague par rapport à son poids le jour du combat. Le vétéran, qui a renoncé à ses plans de retraite et qui boxe normalement chez les mi-lourds à 175 livres (79 kg), affrontera cette fois-ci un boxeur beaucoup plus pesant, forcé d'abaisser son poids à 200 livres (90 kg).

L'entente stipule qu'il ne doit pas y avoir un écart de plus de 5,45 kg (12 lb) entre les deux hommes à la pesée.

« La différence sera d'au moins 20 livres le soir du combat. J'ai hâte de voir comment il va réagir au corps à corps. Quand je vais le cogner solide, ce ne sera pas la même chose que lorsqu'il se battait à 175 livres. Et Jean Pascal, ce n'est pas Floyd Meaweather. Il se fait toucher durant ses combats. »

« Je le trouve dangereux par son courage. Un homme courageux peut devenir très dangereux dans un ring. Je sais que je suis le grand favori, mais je suis bien préparé. Ce n'est pas dans mes habitudes, mais je suis tellement confiant que je prédis un K.-O au troisième round. »

Mais la confiance inébranlable de Jean Pascal a quand même ses limites... contractuelles.

« Jean a fait inclure une clause de combat revanche dans le contrat, précise Bossé. Après l'avoir mis K.-O, j'attendrai qu'il réclame un autre combat à la fin 2018 ou au début de l'année prochaine. »

Les deux boxeurs disposent donc de 10 rounds pour prouver la valeur de leur affrontement.

Et si le coup de la pince à cils faisait des flammèches ?

Plus d'articles

Vidéo du jour


Perroquet qui chante