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Le coût du prolongement de la ligne bleue fait sourciller

Le prolongement vers l'est de la ligne bleue du métro de Montréal coûtera cher : 3,9 milliards de dollars, a confirmé le premier ministre Philippe Couillard lundi. C'est quatre fois plus que ce qu'il a fallu débourser pour relier la ligne orange à Laval.

Le nouveau tronçon de la ligne bleue, qui se rendra jusqu'à Anjou, s'étendra sur 5,8 kilomètres. Si le budget de 3,9 milliards est respecté, le coût par kilomètre s'élèverait donc à 672 millions de dollars, soit quatre fois plus que les 156 millions par kilomètre qu'avait coûté le prolongement de la ligne orange vers l'île Jésus.

Selon une recension effectuée par le site spécialisé Pedestrian Observations citée mardi matin dans La Presse+, les coûts du prolongement de la ligne bleue en feraient même l'un des tronçons les plus coûteux au monde, derrière ceux de grandes villes comme New York, Londres, Singapour et Hong Kong, où la densité urbaine est plus élevée.

« C'est vrai que c'est beaucoup, a admis d'entrée de jeu le ministre québécois des Transports, André Fortin, mardi matin, sur ICI RDI. Moi-même, je trouve que c'est beaucoup d'argent, 3,9 milliards, comme il est prévu pour le projet de la ligne bleue. Mais en même temps, il faut mettre ça en relation avec le besoin. Le besoin est important. Les gens s'attendent à ce projet-là. C'est un projet qui est attendu et qui va avoir des répercussions sur le quotidien des gens de l'endroit. »

« Maintenant, pour ce qui est des coûts comme tels, les façons de faire sont un peu différentes qu'elles l'ont été par le passé, a-t-il nuancé. Au gouvernement, on prévoit toujours maintenant des sommes pour le financement [et] on prévoit toujours des contingences pour des risques qui sont en place également, donc juste pour ceux deux éléments, ça, c'est environ un milliard de dollars. »

Des projets différents, selon Fortin

« Il y a des façons de faire qui sont différentes et c'est toujours un peu risqué de tenter de comparer un projet à un autre, a ajouté le ministre. Il y a des différences majeures, entre autres, avec le projet de métro de Laval, qui rendent les choses un petit peu plus complexes, mais c'est la meilleure estimation qu'on a en ce moment. Le dossier d'affaires et les appels d'offres vont nous permettre d'avoir un petit peu plus de précisions autour du montant final. »

M. Fortin a ensuite insisté sur le fait que les prolongements des lignes bleue et orange ne peuvent pas être comparés, selon lui.

« Chaque projet est différent. Au niveau des expropriations, simplement, hier, on a annoncé pour 330 millions de dollars d'expropriations qui commencent tout de suite [...] C'est sûr que, quand on prolonge un métro sous une rivière, il n'y a pas d'expropriations à faire. C'est un des avantages au niveau coût pour le métro de Laval. En même temps, le terrain est différent, [alors] la valeur des terrains expropriés en bout de ligne est différente; il y a cinq stations pour la ligne bleue versus trois pour Laval; on est en dollars de 2021 versus en dollars du début des années 2000... Bref, il y a toutes sortes de facteurs qui font en sorte que les coûts sont différents. »

Mais pour l'ex-présidente de l'Agence métropolitaine de transport Florence Junca Adenot, qui a supervisé le prolongement de la ligne orange jusqu'à Laval, des explications supplémentaires s'imposent.

« Effectivement, le métro de Laval s'est terminé à 156 millions du kilomètre. C'était un montant raisonnable il y a 10 ans. [Le métro de] Toronto, qui était prolongé au même moment, a terminé lui aussi autour de 156 millions le kilomètre. Maintenant, ce n'est pas une ligne de métro qui est très complexe à construire. On n'a pas besoin de passer sous le fleuve comme Laval; on n'a pas besoin de passer sous les infrastructures du centre-ville comme celui de Toronto... Il n'y a pas d'explications comme telles », a-t-elle déploré à Gravel le matin.

En dollars d'aujourd'hui, les 156 millions de dollars par kilomètre vaudraient autour de 185 millions le kilomètre.

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