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Le coûteux problème de l'agrile du frêne à Montréal

Alors que Montréal s'apprête à faire son compte rendu annuel de la lutte contre l'agrile du frêne, la Ville souhaite bonifier ses subventions aux résidents qui sont aux prises avec le problème et les dépenses qu'il occasionne.

Avec la collaboration de Jean-Sébastien Cloutier

Cette aide supplémentaire devrait concerner l’abattage des frênes malades sur des terrains privés, selon nos informations. Le montant octroyé aux propriétaires serait déterminé en fonction de la grosseur de l’arbre.

À ce jour, quelque 6000 Montréalais ont fait appel au programme de la Ville, qui se limite pour le moment au traitement des frênes à l’insecticide, qui doit se faire tous les deux ans.

« On est très sensibles à ce que vivent les citoyens et on est très conscients que, dans un certain nombre de cas, c'est un effort qui est considérable. L'administration se reconnaît une responsabilité dans le défi financier [avec lequel] les citoyens sont aux prises », affirme le responsable de l’environnement au comité exécutif, Réal Ménard.

L’épidémie est toutefois en train de gagner du terrain, malgré les initiatives et les règlements adoptés par la Ville, selon Luc Déthier, biologiste et copropriétaire d’Arboriculture Dumoulin. « Les gens appellent plus, on fait plus de traitements, mais malheureusement, l'épidémie avance plus vite, plus vite qu'on pensait peut-être, et, par conséquent, les arbres sont souvent traités trop tard », explique-t-il.

Un groupe de citoyens de Rivière-des-Prairies se bat depuis des mois pour que Montréal donne plus d'argent à ses résidents touchés. Ils ont d’ailleurs signé une pétition en ce sens.

L’abattage d’un frêne coûte cher : des résidents de Ville Mont-Royal ont, par exemple, payé plus de 3000 $, taxes incluses, pour faire abattre et transporter trois frênes.

Yolaine Frisko, de Rivière-des-Prairies, estime qu’il est logique que la Ville offre de l’aide pour l’abattage, surtout que les propriétaires paient déjà des taxes municipales, en plus de leur part des traitements.

« Je considère que ça me coûterait aux alentours de 180 $ à 200 $ par frêne, peut-être. Ça, c'est seulement pour les faire traiter. Aux deux ans. Il faut que je les fasse traiter aux deux ans. Le traitement n'est pas garanti non plus. Ça se pourrait aussi qu'à un moment donné, je sois obligée de les faire abattre », souligne-t-elle.

Son voisin Guy Gauthier, à l'origine de la pétition dans Rivière-des-Prairies, ne s'est pas encore résolu à faire abattre ses frênes. Il estime que le problème causé par l’agrile a créé une nouvelle taxe pour les Montréalais.

« En moins de deux mois, les frais ont augmenté de 210 $ par arbre pour les faire abattre », affirme M. Gauthier. Raison invoquée : « L'offre, la demande, les coûts d'exploitation, le langage habituel », résume-t-il.

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