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Le dernier tiers de la saison, une séquence cruciale pour le Canadien

Même si le Canadien n'a pas besoin de connaître une fin de saison exceptionnelle pour se qualifier pour les séries éliminatoires, l'histoire récente nous montre qu'il y aurait tout intérêt, s'il souhaite y faire un bon bout de chemin.

Un texte d'Alexandre Gascon

Avec 27 matchs à disputer au calendrier, le Tricolore amorce jeudi soir, en Arizona, le dernier tiers de sa saison. Montréal est encore confortablement installé au sommet de la Division atlantique, la plus faible de la Ligue nationale, faut-il le rappeler, avec 68 points.

Marc Bergevin a toujours éludé les questions sur la fameuse « fenêtre d’opportunité », une période de temps prescrite où une équipe aurait théoriquement une chance de soulever la coupe Stanley, généralement de deux ou trois ans.

La dernière fois qu’il a rencontré les médias au début du mois de février, le directeur général avait à nouveau esquivé la question et avait gratifié les journalistes d’un « je vais toujours regarder pour améliorer l’équipe, et ça va toujours dépendre du prix exigé ».

Avec un noyau de joueurs dans la fleur de l’âge toutefois, on peut supposer que Bergevin souhaite gagner plus tôt que tard. L’échange P.K. Subban contre Shea Weber est, à ce propos, des plus éloquents.

Finir en force

La fiche actuelle du Canadien est drôlement gonflée par les 15 premiers matchs de l’année et son dossier extraordinaire de 13-1-1. Depuis la victoire de 5-0 contre les Red Wings le 12 novembre, le Tricolore vivote avec un rendement de 17-16-7.

Si l’on se fie aux trois dernières campagnes dans la LNH, 96 points devraient être suffisants pour obtenir son billet pour les séries. Le CH doit donc en emmagasiner 28 lors des 27 derniers matchs, normalement une formalité.

Un fait demeure : les six équipes finalistes de la Coupe Stanley, au cours des trois dernières saisons, ont toutes connu leurs meilleurs moments lors du dernier tiers, à une exception près.

2015-2016

Après 55 matchs la saison dernière, les Penguins de Pittsburgh maintenaient une moyenne de victoires de ,509 (28-19-8). Les champions en titre ont ensuite dominé la ligue pour afficher un taux hallucinant de ,741 (20-7-0). On connaît la fin de l’histoire.

Leurs rivaux en finale, les Sharks de San José, ont été plus constants, mais se sont quand même améliorés en fin de parcours. Leur ratio de ,545 (30-20-5) est passé à ,593 (16-10-1).

Même constat pour les finalistes malheureux des Associations est et ouest. Les Blues de St. Louis ont conclu le dernier tiers avec un ratio de ,704 contre ,545 auparavant. Le Lightning de Tampa bay a embelli son rendement de ,545 à ,593.

2014-2015

Le Lightning, finaliste en 2014-2015, a dominé la ligue de façon à peu près égale pendant 82 matchs, ce qui est assez rare.

La légère amélioration de ,615 lors du dernier tiers, comparativement à ,607 pour le reste de la saison, n’est certes pas significative, mais il s’agit quand même d’une fin de calendrier tout en puissance.

Les Blackhawks de Chicago, champions cette année-là, représentent l’exception à la règle.

Leur fiche des deux premiers tiers (33-18-4 pour un ratio de victoire de ,600) est supérieure à leur fin de campagne (15-10-2 pour ,556).

Mais voilà, Montréal ne compte toujours pas dans ses rangs de Jonathan Toews, Patrick Kane et autre Duncan Keith, et surtout, le Canadien n’a pas l’expérience de deux Coupes Stanley gagnées lors des cinq saisons précédentes; un luxe dont jouissait alors l’équipe de Joel Quenneville.

2013-2014

Les Rangers de New York et les Kings de Los Angeles avaient aussi disputé une meilleure fin de saison cette année-là.

New York avait amélioré son rendement de ,527 à ,593 et les Kings, de ,545 à ,593.

Ces statistiques ne tiennent évidemment pas compte d’éléments impondérables comme les échanges, les blessures, les points glanés grâce aux défaites en temps supplémentaire.

Bon an, mal an, on constate toutefois que les équipes qui se rendent loin dans le tableau éliminatoire maintiennent un ratio de victoire qui tourne autour de ,600 dans le dernier tiers de la saison, ce qui correspond à trois victoires à tous les cinq matchs.

Au moment où toutes les équipes aspirantes aux grands honneurs élèvent leur niveau de jeu pour ce moment crucial de la saison, le Canadien sera-t-il en mesure de suivre la parade, ou la regardera-t-il passer?

Nous aurons le début de la réponse lors des trois prochains matchs (Coyotes, Blues, Bruins) avant sa pause de cinq jours la semaine prochaine.

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