Confronté à une situation financière difficile, Le Devoir lance dès lundi sur les médias sociaux une campagne de soutien qui fait appel à une vingtaine de personnalités issues de divers horizons. Les Fred Pellerin, Andrew Molson, Gabriel Nadeau-Dubois, et Alexandre Taillefer y livrent un plaidoyer en faveur du seul quotidien indépendant du Québec.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Un quotidien « où l'intelligence s'exprime », propose un forum d'idées, et n'a « pas d'ascenseur à retourner » : le conteur Fred Pellerin, la cinéaste et auteure Anais Barbeau-Lavalette, l'animateur Benoit Dutrizac, la professeure et auteure Martine Delvaux et l'avocat Paul St-Pierre Plamondon sont les cinq premiers lecteurs qui illustrent sa pertinence dans une capsule vidéo de moins d'une minute chacun. 

Jusqu'au 28 novembre, 19 autres personnalités ajouteront leur voix à cette campagne, lancée en collaboration avec le cabinet de relations publiques National, pour témoigner de leur attachement au quotidien fondé en 1910.

Leurs vidéos sont disponibles sur YouTube ainsi que sur le microsite jesoutiens.ledevoir.com. Sur ce site, les internautes ont trois options : ils peuvent faire un don, s'abonner au journal ou partager ses vidéos.

« Le Devoir a plus que jamais besoin de vous », lance le directeur du Devoir, Bernard Descôteaux, dont la démission annoncée entrera en vigueur sous peu.

« Comme tous les médias traditionnels, Le Devoir se trouve aujourd'hui dans une situation financière précaire », écrit-il dans le quotidien qu'il dirige. « Or, à la différence des autres entreprises de presse, Le Devoir ne compte sur aucun groupe financier pour l'appuyer dans la poursuite de sa mission d'information », rappelle-t-il.

Quotidien cherche amis

Cette offensive est en fait la deuxième phase de la campagne Les Amis du Devoir, qui visait notamment à recueillir l'appui de 200 donateurs prêts à verser 1000 $, précise la coordonnatrice marketing et service à la clientèle du quotidien, Catherine Gentilcore.

Il s'agit cette fois d'une campagne de sensibilisation, précise cependant Mme Gentilcore, qui indique que le quotidien ne s'est pas fixé d'objectifs en termes d'abonnements ou de financement.

« L'objectif est que des gens qui nous connaissent un peu moins nous découvrent », explique-t-elle, ajoutant que des objectifs quantifiés viendront peut-être par la suite.

« Abonnez-vous au Devoir, sinon, il va crever, il ne va pas survivre », tranche pour sa part dans sa capsule Benoît Dutrizac, qui juge le quotidien essentiel au paysage médiatique québécois en raison de son indépendance.

À l'issue du troisième trimestre, le quotidien avait enregistré pour 2015 un chiffre d'affaires de 11,6 millions de dollars, en baisse de plus de 860 000 $ par rapport à la même période l'an dernier. Quant à ses pertes nettes, elles ont dépassé jusqu'ici cette année le demi-million de dollars.

Pas question d'abandonner le papier

La décision de La Presse de mettre fin à la publication de son édition papier les jours de semaine a poussé plusieurs de ses lecteurs à contacter le Devoir, indique par ailleurs Mme Gentilcore. « Mais il est trop tôt pour chiffrer l'impact que cela pourrait avoir », ajoute-t-elle.

Même si elle admet que l'avenir du journalisme passe par le numérique, pas question pour Le Devoir d'abandonner sa version papier, précise-t-elle.

Du même souffle, elle souligne que le quotidien a lancé dans la dernière année une application pour tablette et un nouveau site mobile.

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