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Le gouvernement fragilise la lutte contre le proxénétisme à Longueuil, dit la mairesse

Le projet Mobilis, qui lutte notamment contre le proxénétisme et l'exploitation sexuelle de jeunes filles à Longueuil, est en péril depuis que le gouvernement provincial a réduit sa contribution financière à la Ville, prévient la mairesse Caroline St-Hilaire.

La mairesse de Longueuil lance un cri du coeur pour la survie du programme qui, rappelle-t-elle, a donné d'importants résultats depuis sa création en 2008. L'initiative du Centre jeunesse de la Montérégie et du Service de police de Longueuil a permis d'arrêter et de condamner des proxénètes en plus d'inciter leurs jeunes victimes à dénoncer leur situation.

Huit enquêteurs y ont d'abord travaillé à temps plein, cherchant des informations sur le terrain et localisant des suspects, liés notamment aux gangs de rue. Ils ne sont maintenant plus que deux, et la Ville de Longueuil n'a plus autant d'argent à leur accorder.

« Est-ce qu'on peut redonner les moyens aux policiers sur le terrain, à ceux qui arrête les pimps, les incarcèrent, et qui protègent nos filles », a demandé au gouvernement la porte-parole du Parti québécois en matière de condition féminine, Carole Poirier.

Lors d'un échange à l'Assemblée nationale, la ministre déléguée à la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a tout de suite renchéri : « Mobilis a eu l'argent. C'est un choix de la Ville. »

« On a fait des choix avec l'argent qu'on nous envoie », reconnaît pour sa part la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire. Or, elle précise que le gouvernement lui a accordé 55 % moins de financement que par le passé pour l'ensemble de ses projets de développement. 

« On a maintenu Mobilis à bout de bras l'an dernier avec l'argent des contribuables », déplore la mairesse St-Hilaire, alors que Québec a réduit de 2,5 à 1,1 million de dollars l'enveloppe budgétaire accordée à l'agglomération de Longueuil. « C'est le montant consacré autant au développement économique qu'à toutes nos actions de développement social », ajoute-t-elle.

En faire un modèle québécois

Au-delà de l'argent, même si Caroline Saint-Hilaire estime que sans un coup de pouce de Québec Mobilis peut difficilement survivre, la mairesse invite le gouvernement à reconnaître l'importance du projet.

« C'est un succès à Longueuil, alors pourquoi ne pas l'implanter à Montréal et Laval? » suggère-t-elle, au moment où le gouvernement du Québec cherche à régler des problèmes similaires au Centre jeunesse de Laval. Plusieurs jeunes filles s'en sont enfuies au cours des dernières semaines après avoir été possiblement recrutées à des fins sexuelles par des gangs de rues.

« Ce n'est pas juste une question d'argent, ajoute la mairesse, c'est aussi une piste de solution à une crise de société, un enjeu auquel tout le monde doit s'attaquer. Mobilis peut être un succès québécois si tout le monde s'y met. »

Le projet Mobilis a d'ailleurs reçu, en 2012, le prix d'excellence du réseau de la santé et des services sociaux du gouvernement du Québec.

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