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Le litre d'essence augmente de 14 ¢ en une nuit à Montréal

Le prix du carburant continue sa progression au Québec, notamment dans la région de Montréal et de Laval, où le coût du litre d'ordinaire frôle 1,51 $ mercredi matin. L'augmentation est décriée par CAA-Québec, qui dénonce les marges de profit « faramineuses » que s'octroient les détaillants de la région métropolitaine.

Il s’agit cette fois d’une augmentation de 14 cents le litre en une seule nuit pour les automobilistes de la région de Montréal. Depuis quelques mois, on assiste régulièrement à ces augmentations nocturnes qui surviennent souvent en début de semaine.

Le prix de l’essence super, quant à lui, atteint 1,66 $ le litre et les augmentations pourraient encore se poursuivre.

Dans l'ensemble du Québec, le prix moyen du litre d'essence ordinaire est de 1,44 $.

Il y a exactement un an, le prix du litre d'essence ordinaire était de 1,12 $ dans la région de Montréal.

Des marges de profit « faramineuses »

Pour le CAA-Québec, qui étudie les fluctuations du prix de l'essence dans la province, cette dernière augmentation dans la région de Montréal est scandaleuse.

« Si vous me posez la question "est-ce qu’on vend l’essence trop cher à Montréal?" Définitivement! », a répondu sans détour Annie Gauthier, porte-parole du CAA-Québec, sur les ondes de RDI mercredi matin.

Selon Mme Gauthier, c'est justement à Montréal que les prix de l'essence devraient être les plus compétitifs dans la province. Or, c'est tout le contraire qui se produit.

« Montréal devrait être le marché le plus compétitif à travers la province parce que c’est ici qu’il y a le plus de demande, parce que c’est ici qu’il y a le plus de stations de service, c’est ici qu’il y a le plus de bannières. C’est pourtant le marché qui est le moins compétitif. Il y a certainement des questions à se poser. Il faut que l’industrie réponde », a expliqué la porte-parole du CAA Québec.

Absence de concurrence

« Expliquez-moi ce qui justifie qu’on demande autant de sous aux consommateurs à Montréal par litre d’essence », demande Annie Gauthier en évoquant une fois de plus l'absence de concurrence entre les pétrolières dans la région de Montréal.

« La Régie de l’énergie a stipulé [en 2015] que pour une station de service qui est associée à un dépanneur et qui vend trois millions de litres d'essence et plus par année, 3,5 ¢ par litre en frais d’exploitation était suffisant », rappelle-t-elle.

« Il y a certainement une problématique dans le marché de Montréal. La concurrence, il n’y en a pas. Il va falloir que les autorités s’en mêlent et il est plus que temps », conclut la porte-parole de CAA-Québec.

Vancouver toujours en tête

Malgré les prix très élevés à Montréal, c'est à Vancouver qu'on paie le plus cher au Canada avec un litre d'ordinaire qui se vend entre 1,57 $ et 1,59 $.

Le prix du baril de pétrole brut ne cesse d'augmenter sur les marchés depuis quelques mois, notamment en raison de l'incertitude politique au Venezuela et des tensions américaines avec l’Iran.

Le baril de pétrole brut Western Texas Intermediate (WTI) s'échangeait autour de 72,20 $ US à la Bourse de New York au cours des dernières heures.

En 2008, le prix de l'essence avait atteint 1,51 $ à Montréal alors que le prix du baril de pétrole brut était de 150 $ US, soit plus du double de sa valeur d'aujourd'hui.

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