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Le long chemin vers l'intégration pour une famille syrienne

Au moment où le Canada s'apprête à accueillir des milliers de réfugiés syriens, des familles arrivées au pays ces deux dernières années tentent toujours de s'adapter à leur nouvelle vie. Si les gouvernements souhaitent que les réfugiés puissent s'intégrer rapidement dans leur communauté, la réalité montre que les défis sont immenses, entre autres sur le plan de la francisation et de l'emploi.

Un texte de Bruno Coulombe

Adham Mashael, 32 ans, a quitté la Syrie il y a quatre ans en compagnie de sa conjointe Kalthoum et de leurs quatre enfants, âgés de 7 à 13 ans. Ils habitaient Daraya, une ville majoritairement sunnite située en banlieue de Damas. La violence les a forcés à fuir, une explosion ayant même endommagé leur maison.

Ils ont trouvé refuge en Jordanie, où ils ont vécu pendant deux ans dans un petit appartement. Des années pénibles, dont Kalthoum peine à parler aujourd'hui.

« La situation était très difficile en Jordanie, témoigne-t-elle. Il y a beaucoup de préjugés à l'endroit des Syriens là-bas, et j'étais très inquiète. On ne s'est jamais senti chez nous. Je ne sortais pas pour éviter d'entendre les commentaires des gens. »

Adham aussi dit avoir été victime de discrimination et a eu beaucoup de difficultés à se trouver du travail en Jordanie afin de subvenir aux besoins de sa famille.

Après des mois de démarches, la famille a finalement porté son choix sur le Canada, pays dont ils avaient entendu beaucoup en bien, mais où ils ne connaissaient personne.

Ils se sont établis à Dollard-des-Ormeaux, dans l'ouest de l'île de Montréal. Ils se disent heureux et reconnaissants de cette chance que le Canada leur a offerte, même si l'intégration reste un défi. Les parents parlent à peine français et Adham n'a pas trouvé d'emploi. Il était agent immobilier en Syrie.

L'histoire de la famille Mashael n'est pas unique, selon l'intervenante au Centre social d'aide aux immigrants, Katia El-Eter. « Ça rend les gens méfiants, explique-t-elle. Ils vont perdre confiance face aux gens parce qu'ils ont été privés de nourriture. Il y a cette crainte à savoir s'ils vont souffrir aussi au Canada. C'est l'inquiétude ».

Marwa, l'aînée de 13 ans, souhaite maintenant que ses cousins et cousines les rejoignent, elle et ses frères, au Canada. « Mes cousins sont très petits, ils ont besoin de venir ici. »

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