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Le Longueuillois Francis Marotte domine tous les gardiens de la NCAA!

Eh bien, ceux qui ont suivi ses péripéties seront sans doute encore plus impressionnés d’apprendre que ce sacré jeune homme est présentement le meilleur gardien des 60 équipes de première division de la NCAA!

Malgré son statut de recrue (freshman), le gardien de 21 ans n’a pas tardé à faire sa marque au sein de la formation de l’Université Robert Morris, qui est située à Pittsburgh.

À l’approche de l'Action de grâces américaine, Marotte présente une fiche de 5-1-1 et une moyenne de buts accordés de 1,48. Sa moyenne d’efficacité de ,951 est la plus élevée parmi les gardiens de la NCAA ayant disputé au moins 50 % des minutes de jeu de leur équipe.

Cette saison, malgré le fait qu’ils alignent au moins six recrues à chaque match, les Colonials de Robert Morris (5-3-2) occupent le 2e rang de l'Association atlantique de la NCAA, derrière l’équipe de l’Académie militaire de West Point. Toutes les victoires des Colonials ont été remportées alors que Marotte défendait leur filet.

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« Nous avions deux gardiens qui étaient de retour cette saison, dont un étudiant de dernière année qui est un joueur étoile dans notre ligue. Mais ce vétéran a été blessé. Nous avons donc confié le filet à Francis dès notre deuxième match et nous ne sommes plus capables de le lui enlever! », raconte l’entraîneur en chef des Colonials, Derek Schooley.

« C’est un jeune homme très mature qui travaille dur et qui est toujours calme. Il s’est présenté au camp dans une forme exceptionnelle et rien ne semble le déranger! « Frankie » s’est retrouvé dans des situations où la pression était assez forte et dans des matchs très serrés. Mais il ne sort pas de sa bulle et il relève chaque défi qu’on lui lance.

« Cela dit, nous gardons en tête qu’il est une recrue et qu’il pourrait frapper un mur à un certain moment. Mais je crois que son parcours atypique dans le hockey mineur l’a rendu très fort mentalement », poursuit l’entraîneur Schooley.

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Bombardé de toutes parts lorsqu’il jouait dans des ligues junior A canadiennes, Francis Marotte estime que le jeu beaucoup plus structuré du hockey universitaire américain convient bien à son style de jeu.

« Le jeu est beaucoup plus fermé ici. Je suis confronté à deux ou trois descentes à 2-contre-1, et à peut-être une échappée par match. Dans le junior, c’était une dizaine de surnombres et deux ou trois échappées par rencontre!

« Je suis un gardien calme qui lit bien le jeu, et qui compose bien avec les écrans qui sont placés devant moi. En plus, nos défenseurs font bien leur travail autour du filet », explique le sympathique gardien.

Les tirs des hockeyeurs universitaires sont plus puissants et la vitesse du jeu est plus grande que dans le junior A. Mais le Longueillois a bien été préparé à faire face à cette nouvelle réalité puisqu’il a eu la chance de s’entraîner plusieurs fois avec des joueurs du Canadien au cours de l’été.

« Pierre Allard (l’entraîneur responsable du conditionnement physique du CH) cherchait un gardien pour ses séances d’entraînement, et mon entraîneur des gardiens (Olivier Michaud) m’a recommandé auprès de lui.

« J’ai donc eu la chance de recevoir les tirs de Max Pacioretty, de Torrey Mitchell, d’Alexei Emelin, de Lars Eller et de plusieurs joueurs de la Ligue américaine durant ces entraînements. J’étais bien préparé en arrivant au camp! J’ai travaillé fort sur tous les aspects de mon jeu et de ma condition physique durant l’été », souligne le gardien de l’heure de la NCAA.

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En se présentant à son premier camp universitaire, dans le meilleur des scénarios, Francis Marotte se disait qu'il allait peut-être participer à dix rencontres cette saison. Et voilà qu’il se retrouve dans un rôle de gardien numéro un au sein d’une équipe qui étonne un peu tout le monde.

« La mentalité de mes entraîneurs, c’est que tant qu’un gardien gagne, il joue. Alors, je continue de travailler très fort pour m’améliorer. Je n’ai pas l’intention de m’arrêter là. Et je n’ai aucune attente par rapport à l’utilisation qu’on fera de moi d’ici la fin du calendrier. Je me dis que si je continue à bien jouer, les entraîneurs ne pourront me tasser », explique Marotte, qui poursuit ses études en économie.

D’ailleurs, c’est peut-être dans les salles de cours que l’adaptation à sa nouvelle vie a été la plus ardue. Là aussi, le niveau de jeu est plus élevé que chez les juniors.

« J’avais un ou deux cours par session dans les rangs juniors. Et tout d’un coup, je suis passé à cinq cours en arrivant à Robert Morris. Ça nécessite une certaine adaptation. Mais nous sommes 10 joueurs recrues au sein du programme et les gars sont tous très déterminés à obtenir de bons résultats en classe. Il faut travailler fort, mais tout le monde s’encourage, alors ça facilite les choses », souligne-t-il.

Il sera fort intéressant de voir jusqu’où Francis Marotte mènera les Colonials de Robert Morris cette saison.

Compte tenu de tous les kilomètres qu’il a parcourus et de tous les sacrifices qu’il a faits pour arriver jusque-là, les deux autres gardiens de l’équipe devront sans doute se lever de très bonne heure pour espérer le déloger.

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