Force est d'admettre que sur le plan collectif, la présente saison des Alouettes de Montréal (3-6-0) bat de l'aile. D'un point de vue strictement personnel, certains joueurs ont réussi à percevoir la lumière au bout du tunnel. C'est le cas de Boris Bede.

Un texte de Félix St-Aubin

Pratiquement une année s'est écoulée depuis que le botteur eût été rétrogradé au rôle de spectateur au profit d'Anthony Fera. Douze mois après avoir été écarté de la formation montréalaise, celui qui a entrepris une introspection sur ses déboires de 2016 est de retour au sommet de son art.

Les statistiques de Bede parlent d'elles-mêmes. Ses taux de réussite en ce qui a trait aux bottés de précision et aux convertis d'un point sont supérieurs à ceux de sa campagne recrue, en 2015.

Ses homologues Sean Whyte (92,9 %) et Sergio Castillo (92,3 %) sont les seuls spécialistes de la LCF à le devancer concernant l'efficacité en situation de placements. Bede, pas en reste avec un rendement de 90,9 %, ferme la marche chez les botteurs qui peuvent se targuer d'envoyer plus de 90 % de leurs frappes entre les deux poteaux.

Malgré cette réussite qui s'est remise à lui coller à la peau, Bede ne veut pas crier victoire trop hâtivement. Ne vous méprenez pas, le principal concerné est bel et bien conscient que la mauvaise fortune du passé est derrière lui. Philosophe, il désire se concentrer sur ce qui l'attend dans un avenir rapproché et délaisser quelque peu le rétroviseur.

« Non [je ne connais pas les meilleurs moments de ma carrière], ça ne fait que commencer. On veut continuer à se surpasser, a-t-il expliqué. C'est sûr que c'est bien, oui, ça ressemble à la première année, oui, mais chaque saison est différente. »

« Ça change, on apprend, on remplit la valise avec des connaissances et on fait juste avancer avec cela », a enchaîné Bede.

Le produit de l'institution lavalloise n'a pas noté d'altération dans son jeu au cours de la dernière année. Une réflexion partagée par son fidèle acolyte et bon ami Martin Bédard, spécialiste des longues remises, qui est persuadé qu'un changement s'est produit entre les deux oreilles.

« La différence la plus marquante est dans son état d'esprit. Il est revenu avec une mentalité très positive, il savait quelles erreurs il avait commises et a mis l'effort pour les corriger, a remarqué Bédard. Je pense que jusqu'ici, il a bien fait cela. »

Un vétéran à l'écoute

Bédard n'est pas le membre de la formation le plus connu du public montréalais. Le travail du Québécois passe la plupart du temps inaperçu puisqu'il est uniquement utilisé sur les unités spéciales à titre de spécialiste des longues remises.

Sa position, de nature ingrate, s'apparente à celle d'un joueur de ligne offensive. S'il fait les manchettes, c'est principalement en raison d'un bloc mal exécuté ou d'une remise ratée.

Bédard n'a que faire du peu de gratitude rattaché à son poste. Le double vainqueur de la Coupe Grey se concentre sur les résultats de l'équipe et sur la manière dont il peut épauler ses coéquipiers à atteindre un niveau optimal.

Et tout ça, avec modestie.

Équipiers depuis un peu plus de deux ans, les deux hommes se sont liés d'amitié à force de se côtoyer quotidiennement sur les unités spéciales.

« Boris et moi sommes de très bons amis, on se voit régulièrement à l'extérieur du football. On n'est pas seulement des coéquipiers, on est (...) des amis aussi, c'est un super bon gars. En plus, nos blondes s'entendent super bien, a indiqué Bédard avec le sourire. Notre relation va bien au-delà du football. »

« On est de bons amis sur le terrain et en dehors de celui-ci, a poursuivi Bede. On s'entend bien et on est toujours en train de se niaiser étant donné qu'on passe quasiment toutes nos journées ensemble. C'est une très bonne relation. »

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