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Le maire Coderre interrogé par l'avocat de l'imam Chaoui

Les démarches judiciaires de Hamza Chaoui contre la Ville de Montréal et son maire, Denis Coderre, ont repris vendredi. M. Chaoui a intenté une poursuite de 500 000 $ pour des propos tenus par le maire à son égard en janvier 2015.

Un texte d'Éric Plouffe

L'avocat de M. Chaoui, Hugo De Koulen, a rencontré le maire Coderre pendant environ deux heures, cet après-midi à l'hôtel de ville.

« Il n'y a aucune information qu'aurait détenue le maire, au moment de ses déclarations, qui pourrait associer M. Chaoui à [une] quelconque activité illégale, comme certaines personnes auraient pu le penser des propos de M. le maire », a-t-il affirmé en sortant de la rencontre, qu'il a qualifiée de cordiale.

Cette démarche s'inscrivait dans le cadre d'une poursuite judiciaire qui pourrait mener ultimement à un procès. L'interrogatoire devait avoir lieu au début du mois de septembre dernier, mais avait été reporté.

M. De Koulen souhaitait savoir sur quelles bases le maire s'était appuyé pour faire ses déclarations concernant Hamza Chaoui. « La seule chose qu'on semble lui reprocher, ce sont ses convictions religieuses », avait dit l'avocat avant l'interrogatoire.

Hamza Chaoui a déposé sa poursuite d'un demi-million de dollars en dommages moraux et punitifs en juillet 2015 pour ces propos du maire Coderre, tenus six mois auparavant lors d'une conférence de presse à l'hôtel de ville : « Nous avons affaire aujourd'hui à un agent de radicalisation. Nous avons affaire à un fomenteur de tensions sociales. »

Le maire avait fait ces déclarations après une décision des autorités municipales de refuser d'autoriser l'ouverture d'un centre communautaire islamique qui aurait accueilli l'imam.

Hamza Chaoui avait rejeté ces accusations et exigé des excuses publiques du maire, dans une mise en demeure qui lui avait été envoyée en mars 2015. Denis Coderre avait refusé de s'excuser et avait affirmé qu'il se défendrait devant les tribunaux. La poursuite judiciaire a ensuite été déposée.

Peu de temps avant d'aller subir son interrogatoire, le maire Coderre a répété qu'il maintenait ce qu'il avait dit au sujet de Hamza Chaoui. « C'est un agent de radicalisation. C'est un fomenteur de tensions sociales », a-t-il lancé dans le hall d'honneur de l'hôtel de ville de Montréal. « Et puis, ce que j'ai dit, je le pense. Rappelez-vous du contexte également. Mais là, il y a un processus judiciaire. Ils vont me poser des questions. Mais en autant que je suis concerné, dans le vivre-ensemble, est-ce que vous pensez qu'un député homosexuel n'a pas sa place? Est-ce que vous pensez que les femmes ont une place? Être radical, c'est de propager ça et ça peut amener un contexte. »

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