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Le maire de Montréal se dit prêt à accueillir un éventuel sommet sur la Syrie

Le maire de Montréal, Denis Coderre, propose que le Canada organise un sommet international sur la Syrie, et affirme que la métropole serait même prête à l'accueillir si on le lui demandait.

En point de presse, vendredi, le maire Coderre a exprimé son appui aux frappes aériennes menées par les États-Unis. « Vous avez vu les enfants qui se sont fait tuer, l’utilisation des armes chimiques. Il arrive des moments où il peut y avoir aussi des gestes concrets pour empêcher que ça se fasse […] On ne peut pas rester les bras croisés quand il y a des attaques chimiques comme ça », a-t-il dit.

M. Coderre affirme que de par sa réputation progressiste et parce qu’il a accueilli de nombreux réfugiés syriens, le Canada est bien placé pour rassembler les différents interlocuteurs.

« C’est sûr qu’on doit régler par la diplomatie, estime le maire de Montréal. Ce sommet-là pourrait être à mon avis une façon de faire. Par l’entremise des grandes villes, on peut jouer un rôle en termes de diplomatie urbaine. »

« On voit souvent ça du côté de Paris ou de Genève. Si vous avez besoin d’un endroit, si on veut faire un sommet sur la Syrie, ça va me faire plaisir de les accueillir à Montréal », a-t-il ajouté.

Le maire Coderre craint une escalade et croit qu’il faut un plan pour protéger les victimes civiles de ce conflit qui a fait des centaines de milliers de morts depuis 2011. « Je pense que ça va prendre quelque chose de plus concret que juste une attaque chirurgicale, dit-il. Il faut qu’il se passe quelque chose. »

« C’est notre pays d’origine, on a toujours des parents là-bas, on a toujours des gens qui souffrent là-bas », s’est désolé de son côté le porte-parole du Foyer syrien du Canada, Habib Zaarour.

Comme d’autres, il souhaite que la frappe américaine ne soit pas qu’une démonstration de force.

« Si c’est vraiment une alarme pour les deux parties, la Russie et le régime syrien, on accepte ça, à condition que les conséquences de cette frappe donnent vraiment quelque chose […] qui règle une fois pour toutes ce conflit. S’il y a eu une entente entre l’administration Trump et la Russie avant cette frappe, peut-être on peut espérer quelque chose », affirme Habib Zaarour.

« Pourquoi aujourd’hui et non il y a deux, trois ans? » demande son fils Georges Zaarour, un médecin résident. « Comme membre de la communauté, comme jeune ayant vécu 15 ans surtout à Damas, on veut que ce conflit soit réglé d’une façon ou d’une autre et qu’on décide ce qu’on veut faire avec la région, avec la Syrie en particulier. Est-ce qu’on va intervenir ou est-ce qu’on veut laisser les choses telles quelles pour un autre 15 ans à venir? »

Le directeur du Conseil syro-canadien de Montréal, Faisal Alazem, souhaite que cette souffrance cesse. « Il est temps, vraiment, que ça s’arrête et qu’on envoie un signal qu’au 21e siècle, des gouvernements n’ont pas le droit de traiter leurs civils et leur peuple comme a été traité le peuple syrien pendant ces six, sept dernières années. »

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