Annulation, retard dans les remboursements, abandon de l'élite et parcours ennuyant ; le marathon de Montréal a essuyé sa part de critiques dans les dernières années. Les organisateurs ont procédé à une refonte complète pour redorer le blason de l'événement tenu les 22 et 23 septembre prochains.

Un texte d’Alexandre Gascon

La compagnie américaine Competitor Group, rachetée par Ironman en juin 2017, cède donc l’organisation de la course montréalaise à la multinationale et son expert québécois, Dominique Piché, également en charge de l’Ironman Mont-Tremblant.

M. Piché a imaginé cinq nouveaux parcours dont les départs et les arrivées se feront tous au Complexe Desjardins et exploreront principalement quatre arrondissements de la ville, soit Ville-Marie, le Sud-Ouest, le Plateau-Mont-Royal et Rosemont-La-Petite-Patrie.

Le marathon et le demi-marathon, par exemple, longeront le canal Lachine sur la rue Saint-Patrick pour atteindre Ville-Émard à l’extrémité ouest du tracé. Les coureurs reviendront par la suite sur leurs pas, les demi-marathoniens s’arrêtant dans le Quartier des spectacles, tandis que les autres poursuivront leur route sur les rues Rachel et Saint-Joseph pour atteindre les sentiers du Jardin botanique.

« Le parcours est définitif, mais définitif à Montréal, ça veut dire quoi? Ça veut dire s’ajuster avec les incontournables de notre circulation et des chantiers. Est-ce qu’il est possible qu’il y ait de petites modifications absolument, absolument, mais il est accroché », a-t-il expliqué.

« Je souhaite qu’on ait de la flexibilité pour les années à venir », s’est pour sa part exprimée Valérie Plante, présente pour le lancement officiel de l’événement au Complexe Desjardins mercredi.

« Un des éléments recherchés par les coureurs est de vivre une expérience qui est différente, qui se différencie d’une année à l’autre », a ajouté la mairesse, laissant la porte ouverte à ce que le trajet soit modifié au gré des chantiers de construction qui pousseront à travers le paysage urbain.

Un festival d’automne

En 2017, le marathon a été annulé en raison de la canicule. Ce fut le point culminant de la grogne envers l’événement. Certains participants ont dû attendre jusqu’au mois de mars 2018 pour être remboursés, tandis que quelques rares malchanceux attendent toujours leur chèque.

« Les gens qui se sont fait rembourser trop tard, je les traite personnellement. Ce soir, je rencontre un enseignant d’éducation physique à Laval, qui avait à peu près une cinquantaine de jeunes qui attendaient un remboursement. C’est moi qui vais aller lui donner ce soir », a avoué Dominique Piché.

Lors des dernières éditions, l’installation de toilettes payantes au départ dites V.I.P. avait contribué à l’image mercantile du marathon.

« La compagnie sait que je ne l’excuse pas. Maintenant, on passe l’éponge et on regarde vers l’avant avec notre plus bel ADN. On raconte notre histoire. Le nom est revenu en français : Marathon international Oasis de Montréal », un titre officiel regroupé sous l’acronyme MIMO.

L’objectif du groupe est de créer un festival d’automne qui s’échelonnera du 17 au 23 septembre avec des concerts de musique électronique et de rock québécois. Le vendredi midi, MIMO convie aussi les citoyens à une marche de trois kilomètres en plein centre-ville.

Les départs des deux courses longue distance ont été devancés à 7h dans le but d’éviter le temps chaud, mais également pour « se responsabiliser et redonner la ville à (ses) citoyens le plus tôt possible ».

« À compter de 8h30, on quitte le Vieux-Port. À 10h, 10h15, le Sud-Ouest et à 14h le marathon n’existe plus à Montréal. Les routes sont rouvertes le plus rapidement de son histoire depuis 1979 », a spécifié M. Piché.

Ramener l’élite

Une bourse totale de 50 000 $ sera partagée entre les cinq premiers coureurs des volets féminin et masculin du marathon.

Un bien modeste début pour séduire les coureurs de calibre international qui ont déserté l’événement, mais un début malgré tout.

« L’important, c’est de leur dire qu’on est de retour sur l’échiquier élite », a fait valoir M. Piché.

« Mon analyse c’est qu’en 2017, il y avait 500 coureurs dans le monde qui ont couru le marathon en bas de 2h15 chez les hommes. Je suis assez persuadé que dans ces 500 coureurs-là, admettons, entre la 300e et la 500e place, on va trouver des gens qui vont être intéressés à venir courir », croit Laurent Godbout, directeur des communications à la Fédération québécoise d’athlétisme.

M. Godbout s’est d’ailleurs réjoui de la franche collaboration qu’il entretient avec l’organisation du marathon qu’il estime « très avantageuse pour les deux parties ».

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