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Le Montréalais Chris Boucher touche à la NBA

Le jeune homme de 25 ans peine toujours à y croire. Cette semaine, 10 mois après s'être déchiré un ligament au genou, il a disputé un premier match avec le club-école des Warriors de Golden State. Et il jure que ce n'est que le début.

Un texte de Sébastien Desrosiers

Enfin, Chris Boucher pousse un soupir de soulagement.

« Ça fait du bien. Ça faisait longtemps que j’attendais ce moment. »

En mars dernier, il a pensé que sa carrière était peut-être bien terminée quand, à l’aube du tournoi du March Madness, il s’est déchiré le ligament croisé antérieur du genou gauche. « Je me disais qu’aucune équipe de la NBA n’allait prendre de chance avec moi », dit-il.

En 69 matchs dans la NCAA avec les Ducks de l’Université de l'Oregon, Boucher était pourtant devenu l’un des meilleurs joueurs dans tout le réseau universitaire américain, avec des moyennes par match de 12 points, 6,8 rebonds et 2,7 blocs.

« Je pensais que je pouvais être choisi en première ronde du repêchage », lance l'athlète de 2,08 m (6 pi 10 po) et 90 kg (200 lb).

Or, à l’encan de la NBA, en juin, le Québécois n’est pas sélectionné au premier tour... ni au deuxième.

Mais le lendemain, une belle surprise vient chasser sa déception : les Warriors de Golden State, champions en titre de la NBA, lui offrent un contrat à deux volets. « Je savais que j’allais devoir faire mes preuves, mais ça m’a soulagé, explique-t-il. C’est devenu plus facile de me concentrer sur mon retour au jeu. »

Et c’est mission accomplie. Mercredi, dans une défaite des Warriors de Santa Cruz, dans la G League, le circuit de développement de la NBA, il a offert une solide performance avec 11 points, 3 blocs et 2 rebonds en seulement 15 minutes de jeu.

De la cuisine du St-Hubert aux vestiaires de la NBA

Le parcours du jeune homme de 25 ans est renversant, ni plus ni moins.

En 2012, il avait abandonné l'école avant d'avoir fini son secondaire. Il travaillait dans une cuisine d’une rôtisserie St-Hubert. Après l’avoir aperçu sur un terrain de Montréal-Nord, où Chris Boucher a grandi, les entraîneurs de l'époque à l’Académie de basketball d’Alma l’ont invité à se joindre au programme, une expérience qui l’a mené jusqu’aux rangs universitaires américains.

Aujourd’hui, il côtoie quotidiennement certaines des plus grandes vedettes du sport, telles que Stephen Curry et Kevin Durant, qu’il décrit d’ailleurs comme son mentor.

« Kevin suit mes progrès attentivement, dit-il. Il me demande tout le temps comment je vais, si je travaille fort. Des fois, je me demande : "Est-ce que c’est vrai ce qui m'arrive?" »

« Si des gars comme ça s’attardent à remarquer que j’ai un talent, ça me donne le goût de travailler encore plus fort », explique Boucher.

Le Québécois espère rejoindre le grand club à un moment ou un autre cette année, ne serait-ce que pour un essai. Il faut dire que les Warriors, grands favoris à nouveau dans la NBA, ont le luxe d’être patients.

« Ils veulent que je revienne à 100 %. Je sais que l’opportunité va se présenter, lance Chris Boucher. Je vais être prêt. »

Une inspiration pour les jeunes de Montréal

Comment s’est-il rendu là?

« Des gens autour de moi m’ont encouragé », répond-il immédiatement.

« Mes entraîneurs à l’Académie d’Alma, Igor [Rwigema] et Ibrahim [Appiah], ma mère, toute ma famille. De savoir qu’eux, ils étaient derrière moi, je savais que je faisais ça pour une raison. »

Et Chris Boucher veut redonner au suivant.

« Aujourd’hui, j’ai l’impression d’ouvrir une porte pour les jeunes de Montréal. »

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