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Le nombre de travailleurs pauvres en hausse à Montréal

Le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de 30 % à Montréal de 2001 à 2012 pour atteindre 125 000, révèle une étude conjointe de Centraide et de l'Institut national de recherche scientifique (INRS) publiée lundi.

Les résultats montrent que 40 % des Montréalais qui se situent sous le seuil de la pauvreté travaillent, mais sont incapables de joindre les deux bouts.

L'auteur de l'étude, Xavier Leloup, s'inquiète du fait que parmi les travailleurs pauvres, 70 % affirment avoir un emploi à temps plein.

« Donc, ça veut dire que même quand les personnes occupent un emploi à temps plein, elles n'ont pas suffisamment de revenus d'emploi pour se sortir de la pauvreté », souligne-t-il.

Parmi les facteurs montrés du doigt, on trouve la multiplication des emplois précaires, le recours à la sous-traitance et la disparition d'emplois industriels autrefois bien rémunérés.

Fait à noter, les personnes instruites ne sont pas épargnées par cette tendance. Le nombre de travailleurs pauvres qui possèdent un diplôme universitaire a augmenté de 75 % entre 2001 et 2006.

Les immigrants plus à risque

Parmi les populations les plus à risque figurent les parents seuls âgés de moins de 30 ans et les immigrants récents, qui ont un risque cinq fois plus élevé d'être des travailleurs pauvres que les non-immigrants. Chez les minorités visibles, une personne sur cinq est un travailleur pauvre.

Par ailleurs, environ deux tiers des travailleurs pauvres se trouvent sur l'île de Montréal et dans ses quartiers centraux, comme le centre-ville, Côte-des-Neiges, Centre-Sud, Hochelaga-Maisonneuve, Saint-Michel et Montréal-Nord.

C'est néanmoins à Parc-Extension qu'on trouve le taux le plus élevé de travailleurs pauvres de la région métropolitaine, avec un taux de plus de 30 %.

Monique Léger, qui gère une banque alimentaire dans Parc-Extension, constate une hausse du nombre de travailleurs pauvres dans ce quartier.

« À titre d'exemple, lors du magasin-partage de la rentrée scolaire, sur 138 familles, 28 familles étaient des travailleurs. Le salaire minimum, ce n'est pas suffisant », déplore-t-elle.

L'étude de l'INRS considère un « travailleur pauvre » comme une personne âgée de 18 à 64 ans ayant gagné au moins 3000 $ dans la dernière année et qui n'est pas aux études. Son salaire doit se situer sous le seuil de la mesure de faible revenu de Statistique Canada, qui varie selon la taille de la famille et les dépenses pour les besoins essentiels.

Avec des informations d'Alexandre Touchette

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