Benoît Huot a été nommé mardi chef de mission adjoint du Canada aux Jeux du Commonwealth, qui commenceront dans exactement un an, à Gold Coast, en Australie. De nouvelles fonctions qui s'ajoutent à sa vie d'athlète, déjà bien remplie.

Un texte de Michel Chabot

En janvier, quand le programme officiel des Jeux du Commonwealth a été dévoilé, la catégorie d'Huot en paranatation, la S10, n’a pas été retenue. Il a alors reçu un appel de Claire Carver-Dias, la chef de mission de l'équipe canadienne. Il a connu la nageuse synchronisée aux Jeux du Commonwealth de 2002, à Manchester, en Angleterre.

« Elle m’a demandé si j’avais un intérêt pour l’assister dans son rôle, raconte le Longueuillois de 33 ans. J’étais flatté, mais en même temps surpris parce que je suis encore athlète. Mais je suis quand même ouvert à toute occasion parce que je suis conscient que l’après-carrière arrive rapidement et c’est un bel apprentissage, une belle transition. »

L’homme aux 20 médailles paralympiques était aussi surpris, mais heureux d’apprendre qu’il est le premier athlète actif à occuper un tel rôle.

Huot, quadruple médaillé des Jeux du Commonwealth, auxquels il a participé trois fois (2002, 2006 et 2010), affirme avoir un attachement particulier envers les Jeux du Commonwealth, les seuls Jeux multisports qui intègrent les parasports dans un seul programme, sans en tenir un autre parallèle.

« On se sent privilégiés, en tant qu’athlètes paralympiques, de faire partie de cette organisation, de sentir que nos médailles comptent au tableau officiel des médailles qui sont distribuées, dit-il. Ça nous donne cette visibilité, cette vitrine que nous recherchons et qui fait augmenter la crédibilité et la notoriété de notre mouvement. »

Le fait qu’il est francophone a été un facteur important dans sa sélection comme adjoint, tout comme son statut de para-athlète, croit-il. Et comment entrevoit-il ses nouvelles fonctions?

« C’est d’être attentif, d’avoir la lentille d’un athlète, explique-t-il. Donc, toutes les petites interrogations qu’un athlète peut avoir en préparation finale, dans des moments extrêmement importants. C’est d’avoir cette vision-là et de poser les bonnes questions aux bons moments et de s’assurer que nos athlètes aient un encadrement hors pair pour qu’ils puissent performer à la hauteur de leurs attentes. »

Motiver les jeunes, les aider à atteindre leurs buts et à se dépasser est une passion pour Huot. Et il dit avoir déjà commencé à jouer son rôle en vue de l’année prochaine.

L’intégration, une mission

Benoît Huot est ému quand on lui demande s’il aimerait, un jour, devenir chef de mission pour la délégation olympique canadienne.

« Wow! Pour le Canada ce serait du jamais vu, s'exclame-t-il. On ne sait jamais ce que l’avenir nous réserve. Mais avant tout, j’ai vraiment comme mission et vocation d’essayer de faire grandir les sports paralympiques. Après ma carrière sportive, j’espère avoir une position qui va me le permettre. »

« Le rêve ultime, je ne pense pas le vivre comme athlète, estime Huot. Mais ce que j’espère de mon vivant, c’est de voir la médaille d’or paralympique avoir la même valeur aux yeux du grand public que la médaille d’or olympique. Pas une valeur monétaire, mais plus une valeur sentimentale.

« Ça passe par des symboles, comme le Commonwealth a réussi à faire, une intégration, une meilleure accessibilité et une inclusion. »

Entretemps, le médaillé de bronze des Olympiques de Rio se prépare pour les Championnats du monde de Mexico, en septembre.

« En 20 ans de carrière, je n’ai jamais fait une compétition en altitude, précise Huot. Les Jeux de Mexico, en 1968, sont les seuls Olympiques où il n’y a eu aucun record en natation. C’est pour dire à quel point ce sera un défi en soi. On a vraiment préparé notre calendrier d’entraînement pour les cinq, six prochains mois en fonction d’une performance qui doit être faite à 2400 mètres. Mais nous allons tous être de la même course et nous serons tous en manque d’oxygène. »

La retraite sportive attendra donc, encore un peu, pour celui qui prend désormais les années une à une.

« Je suis un amoureux de mon sport. Des performances comme celle d'Erik Guay, champion du monde à 35 ans et de Roger Federer, qui, à la mi-trentaine, est au sommet de son art, ça m’inspire!

« J’aimerais tellement avoir 20 ans pour avoir un autre dix ans devant moi, mais je suis conscient que mes grandes années sont derrière moi. Tant que j’aurai du plaisir dans la piscine, j’espère pouvoir encore nager. »

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