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Le NPD n'a rien à proposer aux Québécois, soutient Trudeau

C'est en attaquant de front le Nouveau Parti démocratique que le chef libéral Justin Trudeau a officiellement lancé sa campagne au Québec, lundi matin. Se présentant comme le porte-étendard d'une « société juste », il s'en est pris au plan économique de Thomas Mulcair, mais aussi à son intégrité.

Selon Justin Trudeau, le chef néo-démocrate n'a tout simplement aucun plan de relance crédible à présenter aux Québécois, malgré le fait que son parti ait obtenu 59 des 75 sièges en jeu lors des élections de mai 2011. Plus de quatre Québécois sur dix avaient alors jeté leur dévolu sur le NPD.

Il a réitéré que la promesse néo-démocrate d'un salaire minimum national « ne s'appliquera pas à 99 % des Québécois », qui ne sont pas employés fédéraux, et que le programme de garderies proposé par le NPD « ne changera rien au Québec [puisque] les Québécois ont déjà mieux ».

« M. Mulcair se trompe s'il pense que les gens veulent juste se débarrasser de M. Harper », a ajouté le chef libéral. « Ils veulent se débarrasser de M. Harper, mais ils veulent le remplacer par une équipe forte et une vision et un plan pour ce pays et pour cette province qu'il n'est pas en train de présenter. »

Comme il le fait dans pratiquement tous ses discours, le chef libéral a rappelé ses promesses électorales, et plus particulièrement celle qui vise à augmenter le niveau de taxation des Canadiens les plus riches afin de diminuer le fardeau fiscal de la classe moyenne.

« Le contrat social canadien a été rompu, il faut réactiver l'idéal d'une société juste », a-t-il noté, en se réappropriant ce slogan qu'avait défendu son père, l'ancien chef libéral et premier ministre canadien Pierre Elliot Trudeau, il y a maintenant près d'un demi-siècle.

Il a par exemple expliqué que son parti va remplacer la prestation universelle pour la garde d'enfants (PUGE) par une allocation familiale non imposable qui, dit-il, sera plus généreuse pour neuf familles sur dix. Plus question, dit-il, d'envoyer des chèques à des millionnaires, « juste parce qu'ils ont des enfants ».

« Nous en faisons plus pour ceux qui en ont besoin, en en faisant moins pour ceux qui n'en ont pas de besoin », a-t-il plaidé.

Sur les souverainistes et la Cour suprême

Comme il l'a fait au premier débat des chefs, jeudi dernier, Justin Trudeau a tenté de dépeindre Thomas Mulcair comme un homme qui tient un double discours selon qu'il s'adresse aux Québécois ou aux autres Canadiens, et a critiqué une fois de plus sa volonté de reconnaître le résultat d'un référendum dont le oui sortirait gagnant avec 50 % + 1 des voix.

« La réalité, c'est que la Cour suprême a dit que tous ces chiffres-là devront être fixés lors d'un prochain référendum. Or, le prochain référendum, c'est-tu dans 5 ans, c'est-tu dans 15 ans, c'est-tu dans 50 ans, c'est-tu pour jamais? » a-t-il déclaré.

« C'est M. Mulcair qui a choisi de ramener cet enjeu-là pour faire des gains au Québec, pour essayer de gagner des points politiques. Mais la réalité, c'est que les Québécois ont besoin d'un nouveau premier ministre qui va être, oui, conscient de la réalité et des défis au Québec, mais aussi qui va rassembler le pays au complet. »

« Notre défi, comme Québécois, comme Canadiens, c'est de nous rassembler dans une vision commune, une vision qui n'exclut pas la différence, mais qui au contraire, s'en nourrit », a-t-il affirmé. « Je veux que le Québec participe au Canada. Je veux que le reste du Canada participe au Québec. »

Lors du scrutin de mai 2011, le Parti libéral du Canada, alors dirigé par Michael Ignatieff, avait obtenu à peine plus de 14 % des votes, et n'avait fait élire que sept députés au Québec. Seuls quatre d'entre eux sont toujours sur les rangs. Outre M. Trudeau lui-même, il s'agit de Stéphane Dion, Marc Garneau et Francis Scarpaleggia.

Le député Emmanuel Dubourg, qui a succédé à Denis Coderre depuis, se présente aussi à nouveau.

Le député libéral Irwin Cotler a cependant décidé de quitter la vie politique, tandis que Massimo Pacetti a été écarté du parti après avoir été visé par des accusations d'inconduite sexuelle. Ce dernier a toujours clamé son innocence, mais n'en a pas moins décidé de ne pas briguer les suffrages de nouveau cette année.

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