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Le Parc olympique menacé d’une poursuite de 1 million de dollars

EXCLUSIF – Un promoteur californien menace de poursuivre le Parc olympique de Montréal pour plus de 1 million de dollars en raison d'un projet de planchodrome qui est tombé à l'eau.

Un texte de Julie Marceau

Le président de la World Skateboarding Federation (WSF), Tim McFarren, a mandaté un cabinet d’avocats montréalais afin d’intenter une poursuite de plus de 1 million de dollars contre le Parc olympique. La WSF soutient avoir été lésée alors qu'un contrat lui confiait la tenue de championnats canadiens qui ont été annulés.

La fédération a conçu en 2016 le design d’un planchodrome pour l’esplanade du stade olympique à l’angle du boulevard Pie-IX et de la rue Sherbrooke, et devait organiser des championnats dès l’été 2017.

« Je n'ai pas d'autres choix que de réclamer des dommages, soutient Tim McFarren en entrevue à Radio-Canada. Le montant demandé sera substantiel. Notre événement était un projet de plus de 1 million par année, mais je vais laisser le choix à mes avocats de décider de la somme réclamée. »

En attente des « normes olympiques »

Le Parc olympique de Montréal explique avoir mis fin au projet initial après l’entrée de la planche à roulettes aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020.

« Deux ou trois semaines après notre annonce, le Comité international olympique a annoncé que la discipline qu'est la planche à roulettes serait désormais admise comme étant un sport olympique », poursuit Cédric Essiminy, porte-parole du Parc olympique.

L'objectif est maintenant de concevoir un parc qui sera de calibre olympique.

« On attend que les fédérations nous donnent un cahier de charges afin de savoir quelles sont les normes techniques [olympiques] », ajoute-t-il.

Le Parc olympique de Montréal, qui avait commencé à enlever des dalles de béton sur l’esplanade, a donc cessé les travaux et amorcé une opération de remblayage au coût de 40 000 $. L'organisme a préféré ne pas commenter l’entente financière avec la WSF ni la menace d’une poursuite judiciaire.

Réactions dans la communauté du skateboard

« Ça peut être de la bullshit qu'on attend le cahier de charges, lance Yann Fily-Paré, cofondateur de l'Association Skateboard Montréal (ASM). C’est douteux, selon moi. On sait très bien de quoi ça a l'air, un skatepark de style compétitif. »

Il rappelle aussi le besoin d’une hausse des investissements dans les parcs de skateboard montréalais. « On est déjà pas mal en retard », renchérit-il.

Le producteur du festival de planche à roulettes Jackalope, Micah Desforges, voit plutôt d'un bon oeil la décision de reporter les travaux.

« Tant qu'à construire des infrastructures, je pense que c'est bon d'avoir des normes olympiques s'ils veulent éventuellement tenir des événements internationaux », explique-t-il, tout en espérant que son festival fasse partie d’un futur circuit olympique.

Bisbille internationale

L'entrée du skateboard aux Jeux olympiques de Tokyo a créé des rivalités dans le milieu depuis son annonce.

En 2016, la WSF a entamé une poursuite judiciaire contre l'International Skateboarding Federation (ISF) dans la foulée des discussions entourant la gouvernance de la discipline au sein du Comité international olympique (CIO).

Le CIO a mandaté une commission composée de la Fédération internationale de Roller Sports (FIRS) et de l'ISF pour régir le skateboard.

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