Retour

Le plan de déversement d'eaux usées doit être amélioré, disent les experts

Les experts indépendants mandatés par Environnement Canada sont globalement d'accord avec le plan de la Ville de Montréal pour le déversement de milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Ils estiment toutefois que ce plan gagnerait à être bonifié.

En somme, les experts ne recommandent pas explicitement une option ou une autre, laissant à la nouvelle ministre de l'Environnement le soin de prendre cette décision à la lumière de leur rapport, assez nuancé.

Le mandat des experts était d'évaluer les risques environnementaux dans un sens ou dans l'autre. À ce sujet, ils sont catégoriques : le risque environnemental de ne pas procéder au déversement cet automne est beaucoup plus élevé que celui d'aller de l'avant.

Ils notent qu'un déversement non planifié, donc non limité dans le temps - et qui serait la conséquence de la détérioration des infrastructures - aurait des effets néfastes pour la faune, la flore et les activités nautiques, selon les saisons. On sait par exemple que les poissons sont plus vulnérables en hiver, période de reproduction. En revanche, un déversement planifié présente beaucoup moins de risque, surtout à l'automne.

Des mesures d'atténuation sont d'ailleurs suggérées, comme le déploiement d'un bateau-citerne de pompage et d'unités de pompage près des sorties d'eaux usées plus critiques, soit celles situées près d'hôpitaux ou d'usines.

Il est aussi recommandé d'effectuer une « caractérisation de la toxicité de l'eau et des sédiments dans les zones critiques ». Les auteurs du rapport se sont heurtés au manque de données scientifiques sur les impacts réels en matière de toxicité sur les poissons, les frayères, la flore aquatique, etc.

Finalement, les experts estiment qu'« un suivi rigoureux doit être fait aux usines de traitement d'eau potable, malgré le faible risque d'impact ». 

Montréal mettra en oeuvre de nouvelles mesures

Dans un communiqué, la Ville de Montréal se réjouit que l'analyse des experts mette en relief les risques environnementaux associés à un déversement d'urgence non planifié. L'administration Coderre constate que, comme elle, « les experts considèrent que les risques et conséquences sont plus importants en situation d'urgence que lors d'une opération de déversement planifiée et coordonnée ».

La Ville se montre ouverte à la mise en place de mesures d'atténuation pour renforcer le projet initial. « À court terme, et compte tenu de l'urgence de la situation, certaines mesures seront identifiées comme prioritaires, tandis que d'autres feront l'objet d'analyses détaillées pour une éventuelle mise en application ultérieure », lit-on dans le communiqué.

Le rapport des experts a été commandé par le gouvernement conservateur avant l'élection du 19 octobre. La nouvelle ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, avait déclaré mercredi qu'elle rendrait bientôt une décision dans ce dossier.

Un avis ministériel qui interdit le déversement est en vigueur jusqu'à lundi soir prochain.

La Ville de Montréal assure que le déversement est le seul moyen disponible afin de procéder à d'importants travaux d'égouts.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine