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Le plan des Alouettes pour freiner un grand dérapage

Les dirigeants des Alouettes ont fait leur mea culpa, mais ils souhaitent tout de même maintenir le cap avec leur plan de redressement établi au début d'une saison marquée par le plus grand dérapage de l'histoire de la concession.

Un texte de Jean-François Poirier

Le président Patrick Boivin et le directeur général Kavis Reed n'ont pas tardé à rencontrer la presse au lendemain d'une 11e défaite d'affilée, à nouveau humiliante, par le pointage de 33 à 0 contre les Tiger-Cats à Hamilton.

« Nous voulons reconquérir le coeur de nos partisans, a admis d'entrée de jeu Patrick Boivin. Notre objectif en 2017 était de leur redonner l'opportunité de vivre un match éliminatoire. En 2018, il demeure le même, mais nous voulons surtout une progression qui nous mènera à une finale de la Coupe Grey, au plus tard d'ici trois ans. »

En dépit d'une misérable fiche de 3 victoires et 15 défaites, la direction des Alouettes semble donc convaincue d'avoir les bons outils pour réparer une voiture qui n'a pas cessé de faire des tonneaux.

« Je prends le blâme pour cette contre-performance, a dit Reed. Nous avions ce qu'il faut, mais nous n'avons pas été en mesure de l'exploiter. Je crois fermement que nous avons atteint 4 des 5 objectifs de notre plan de début de saison. »

Ce plan consistait à dénicher de bons joueurs canadiens, entourer la relève de vétérans inspirants, former une nouvelle ligne offensive et entamer le développement de bons jeunes quarts. Selon Kavis Reed, tout ça a été accompli. La non-participation des Alouettes aux éliminatoires est le seul échec. Un revers toutefois, vous en conviendrez, retentissant.

Mais qu'est-ce que les Alouettes auraient donc dû enclencher avant le début de la saison?

« Avec un peu de rétroaction, peut-être que cette équipe aurait pu se faire rebâtir dès le départ. Mais après deux saisons sans participer aux éliminatoires, on a tenté de faire un pont avec des vétérans et en embauchant des joueurs autonomes. On jugeait que c'était trop brusque de le faire à ce moment-là. On fait tous les deux notre mea culpa. »

Cette reconstruction n'aura pas lieu en 2018.

« Ce processus aurait pu s'entamer l'année dernière si nous n'avions pas jugé le choc trop brutal. Nous croyons aujourd'hui que nous avons les bases et la fondation pour progresser avec l'équipe en place. Une reconstruction, c'est tout oublier et repartir à zéro. La situation ne m'inquiète pas parce que nous avons un plan de développement. On sait comment il faut faire. Ça s'est rarement fait durant la première année. Chris Jones en Saskatchewan a eu une première saison de misère. Winnipeg a eu besoin de trois ans avant de bâtir une bonne équipe comme cette année et ils avaient comme nous changé de président et de directeur général. Toutes ces équipes sont passées par là. »

La famille Wettenhall, propriétaire des Alouettes, entérine bien sûr les actions de Patrick Boivin et Kavis Reed mais les résultats devront être au rendez-vous.

« Le propriétaire est émotif, mais il est aussi patient. Les Wettenhall comprennent la situation. Mais si nous avons la même saison l'année prochaine, je n'aurai pas le même discours. On croit cependant fortement que ça ne sera pas le cas. »

Un nouvel entraîneur-chef sera nommé d'ici la mi-décembre. Le nouveau pilote des Alouettes rencontrera le personnel en place et formera ensuite sa propre équipe d'adjoints. Anthony Calvillo ne dispose d'aucune immunité, même si Kavis Reed reconnaît son statut de figure légendaire de l'organisation montréalaise.

Et si c'était à refaire, les congédiements de Jacques Chapdelaine et de Noël Thorpe au milieu de la saison auraient tout de même lieu.

« Je crois qu'il s'agissait du bon moment, soutient Patrick Boivin. C'était la décision de Kavis. Il l'a prise pour l'avenir et le développement de la franchise. Ces congédiements auraient quand même eu lieu à la fin de la saison. »

Dans le vestiaire

Les joueurs des Alouettes se sont rendus à leur vestiaire du Stade olympique pour une dernière fois samedi. L'ambiance n'était pas si morose puisque le choc de cette élimination hâtive était encaissé depuis déjà longtemps.

À 34 ans, Luc Brodeur-Jourdain souhaite être de retour l'an prochain.

Le vétéran joueur de ligne offensive attend avec impatience la décision des Alouettes à son sujet et souhaite la venue d'un entraîneur-chef qui mise sur l'émotion pour motiver sa troupe.

« J'aime un entraîneur à la fois discipliné et avec un grand coeur. Un homme capable de parler avec son coeur. »

Darian Durant n'a pas reçu beaucoup de fleurs à sa première saison à Montréal. Avec raison. Le vétéran quart sait qu'il a constitué une déception et la direction de l'équipe ne l'a pas confirmé dans un rôle de partant en 2018. Kavis Reed s'est contenté de dire qu'il demeurait une option.

Dans son coin, Jean-Christophe Beaulieu discutait avec des coéquipiers. Il n'avait pas perdu le sourire même si cette saison l'a rendu frustré.

« L'ambiance est super bonne ici. Ce n'est pas facile de résumer cette saison en peu de mots. Je crois que nous avons besoin d'une saison morte pour refaire le plein. Il me reste une année de contrat et je veux ramener la Coupe à Montréal. »

Martin Bédard n'arrive pas à croire à cette débandade des Alouettes, ni à son titre de joueur par excellence de l'équipe sur les unités spéciales.

« À ma connaissance, c'est la première fois qu'un spécialiste des longues remises est en nomination. Je suis surpris et étonné. Cette saison est un mystère pour moi. On était pourtant solide. Je sais que nous avons déçu les partisans et je veux leur dire que nous avons besoin d'eux la saison prochaine. C'est ma 9e année avec les Alouettes et je ne lâcherai jamais. Je garde la foi en Montréal. »

Kavis Reed, lui, déborde de confiance. Après une saison avec autant de misères, le discours du directeur général des Alouettes peut même paraître exagéré.

« Notre attaque est talentueuse et capable de coups d'éclat. Il faut juste procéder à des ajustements. Nos avons aussi de bons porteurs de ballon et des jeunes quarts avec un grand potentiel. Nos receveurs ont cependant échappé trop de ballons, c'est inacceptable. Ernest Jackson sait qu'il n'a pas offert les performances escomptées. Mais nous ne l'avons pas toujours placé dans une position pour le faire. J'en prends la responsabilité. Ma priorité est d'améliorer notre défense. »

Au bout du compte, les Alouettes disposent de beaucoup de marge de manoeuvre pour améliorer leurs résultats en 2018...

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