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Le policier qui a désarmé Richard Bain au Metropolis témoigne

L'un des caméramans de Radio-Canada présent lors de l'attentat au Métropolis en 2012 et le policier qui a réussi à maîtriser Richard Bain ont livré mercredi leurs témoignages au procès qui se déroule au palais de justice de Montréal.

Le sergent Stéphane Champagne, de la Sûreté du Québec, a raconté comment l'accusé l'avait mis en joue et tenté de l'abattre dans les minutes qui ont suivi.

Après avoir entendu à deux reprises sur sa radio que des coups de feu avaient été tirés à l'arrière du Métropolis, M. Champagne était sorti de l'établissement pour se retrouver face à face avec un individu suspect.

« J'ai vu un homme qui, à première vue, semblait avoir une cape bleue, avec une cagoule », a raconté le policier.

Lorsque celui-ci a crié « police », l'homme a allumé une fusée de détresse et l'a lancée vers le Métropolis avant de s'enfuir.

En contre-interrogatoire, le sergent Champagne a expliqué que le suspect avait fait le geste de tirer à quelques reprises, mais que le coup ne partait pas. Le sergent Champagne, qui avait lui-même son arme à la main, n'a pas fait feu, mais a plutôt cherché à désarmer et à maîtriser le suspect.

« J'étais à environ quatre pieds de lui. J'avais mon arme dans les mains. Le réflexe que j'ai eu, ça a été de sauter avec ma main gauche sur sa main droite pour lui faire perdre son arme », a-t-il raconté.

Lorsque l'avocat de Bain, Me Allan Guttman, lui a demandé pourquoi il n'avait pas tiré, le policier a d'abord indiqué qu'il était entraîné pour le faire, pour ensuite ajouter : « la réaction que j'ai eue, ç'a été de foncer dessus ».

Il l'a rapidement désarmé et plaqué au sol avec l'aide de son collègue, le sergent Jean-Marc Rochon, qui était sur ses talons, ainsi qu'un employé de la sécurité du Métropolis.

Ce n'est que par la suite qu'il a constaté que la « cape bleue » était en fait un peignoir et qu'il a aperçu, quelques mètres plus loin, un objet qu'il n'avait pas vu jusque-là.
« J'ai remarqué que, devant nous, il y avait une mitraillette au sol », a-t-il dit.

Une fois l'individu maîtrisé et remis au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), le sergent Champagne a constaté qu'un incendie s'était déclaré au Métropolis et, en revenant sur ses pas, il a vu les jambes d'un corps près des conteneurs à déchets.

Lorsque Me Guttman lui a demandé pourquoi il n'était pas resté avec ses collègues du SPVM, puisque c'est lui qui avait effectué l'arrestation, Stéphane Champagne a répondu très honnêtement : « j'étais en état de choc. »

Des images inédites dévoilées au jury

Martin Bouffard a raconté de son côté qu'il prévoyait filmer la sortie de Pauline Marois après son discours. Le caméraman d'expérience faisait alors du repérage à l'extérieur du Métropolis lorsqu'il a entendu les coups de feu.

L'une des séquences filmées ce soir-là par Martin Bouffard a été présentée au jury. La caméra branlante - Bouffard court - permet de voir les escaliers à l'arrière du Métropolis, en proie aux flammes. À un certain point, l'image se stabilise et capte le suspect, étendu au sol, en train de se faire menotter par les policiers.

En trame de fond, des gens profèrent des jurons et des insultes, tandis que d'autres voix somment à la foule de reculer. La séquence se termine lorsqu'un policier habillé en civil vient obstruer la vue de la caméra pour demander à Bouffard de quitter les lieux, qu'il qualifie de « scène de crime ».

Lors de son témoignage, Martin Bouffard a expliqué au jury avoir contacté son patron pour lui demander de diffuser en direct les images qu'il était en train de filmer. Le clip diffusé sur les ondes de Radio-Canada montre Bain, arrêté par les policiers près d'une voiture du SPVM, vêtu d'une robe de chambre bleue et d'un masque de ski blanc.

Quand Bain s'approche des journalistes rassemblés autour de la scène, il hurle : « les Anglais se réveillent ». Un policier replace le masque de ski sur la tête de Bain, de sorte qu'il couvre sa bouche, et ses hurlements deviennent inintelligibles. La séquence s'arrête après que Bain eut pris place dans le véhicule du SPVM.

Outre la tentative de meurtre contre le policier, Richard Bain est aussi accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, de tentative de meurtre à l'endroit d'un autre technicien de scène, Dave Courage, qui a survécu à la blessure par balle qu'il a subie, d'un autre chef de tentative de meurtre regroupant 12 victimes, d'incendie criminel et de possession de matériel incendiaire.

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