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Le PQ à la défense du programme Accès-Logis

Le Parti québécois accuse le gouvernement Couillard d'avoir torpillé la construction de logements sociaux en effectuant des compressions dans le programme Accès-Logis et en modifiant ses modalités d'application. Prenant le parti des groupes communautaires qui bénéficient de ses fonds, il lui demande de faire volte-face.

Pour 2015-2016, le ministère des Affaires municipales ne finance que 1500 logements par sociaux, plutôt que 3000, comme lors des deux dernières années. Il a expliqué que 6000 unités annoncées n'avaient pas encore été construites, et qu'il valait donc mieux augmenter le financement destiné au Programme de suppléments au loyer.

Dans une conférence de presse organisée sur le site d'un projet de logements sociaux qui a vu le jour dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal, la députée péquiste Carole Poirier a soutenu que les 6000 unités en attente s'expliquent par le fait que « le gouvernement a mis les conditions à l'échec du programme ».

Au terme d'une tournée qui l'a récemment amenée dans plusieurs régions du Québec, Mme Poirier dit avoir identifié huit raisons qui expliquent cette situation.

Selon elle, les organisations communautaires doivent par exemple soumettre des projets en se fiant aux coûts de réalisation qui étaient en vigueur en 2009, même si le prix des terrains et le coût de la main-d'œuvre dans l'industrie de la construction ont augmenté depuis.

Elle déplore également la disparition du programme Rénovation Québec, qui pouvait permettre de financer des coûts de décontamination de terrain, ou d'enlèvement de l'amiante dans certains cas. Des enveloppes associées au programme Novo-Climat ou à des projets novateurs ont aussi disparus.

Carole Poirier souligne également que les promoteurs ne peuvent plus tenir compte des coûts d'ameublement lorsqu'ils planifient la construction de nouvelles ressources en aménagement.

La députée évoque également que les délais de traitement des dossiers à la Société d'habitation du Québec, qui pilote ce projet, sont devenus « inadmissibles ».

Selon Mme Poirier, l'argument selon lequel 6000 unités de logement sont toujours en attente de construction ne tient pas davantage la route étant donné les besoins et le temps de réalisation.

« C'est deux ans de programmation », s'est insurgée la députée du quartier. « En général, et en moyenne, c'est plus de deux ans, c'est jusqu'à 5 ans, et des projets sont même allés jusqu'à 10 ans, pour se réaliser »

Une approche qui ne permet pas de lutter contre la pauvreté

« Le programme Accès-Logis est coupé de moitié et, pire, il privilégie davantage l'entreprise privée qui a, nous le savons tous, des orientations différentes de la mission publique que l'État doit engager pour avoir des résultats tangibles dans la lutte contre la pauvreté », a pour sa part dénoncé le chef péquiste Pierre Karl Péladeau.

« Toutes les mesures pour faire en sorte que nous ayons et que nous poursuivions ce que nous avons mis comme collectivité depuis les 20, 30 dernières années - c'est-à-dire de s'engager fermement et solidement contre la lutte à la pauvreté - s'amenuisent, a poursuivi M. Péladeau.

« Si nous nous engageons encore plus fermement dans un programme comme Accès-Logis, nous participons aussi à notre développement économique », a encore plaidé le chef péquiste. « La construction de logements sociaux fait en sorte de stimuler ceux qui y travaillent, mais c'est important pour l'industrie construction, sans compter, particulièrement ici à Montréal [...] la revitalisation de nos quartiers qui étaient antérieurement dévitalisés. »

La coordonnatrice adjointe du Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM), Marjolaine Despars, soutient également que l'approche du gouvernement envers Accès-Logis est « totalement contraire » aux engagements adoptés dans le cadre du programme de lutte contre l'itinérance.

Mme Despars demande au gouvernement de financer la construction de 3000 logements sociaux par année pour les cinq prochaines années, afin que des clientèles vulnérables - incluant des jeunes, des Autochtones et d'ex-prostitués,par exemple - puissent obtenir un logement sécuritaire et salubre, à un prix décent.

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