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Le racisme systémique aura sa consultation citoyenne

Insatisfaite du changement d'orientation pris par le gouvernement, la Table de concertation contre le racisme systémique (TCRS) lance sa propre consultation afin d'aborder de front la question du racisme systémique. La consultation abordera les différentes déclinaisons sociales du phénomène comme la santé, l'éducation, la sécurité publique, le logement et la culture.

La TCRS déplore le changement de cap du gouvernement, qui s’était pourtant engagé à tenir une consultation sur le racisme systémique. Le gouvernement a toutefois ramené l’exercice à un forum d’une journée uniquement axé sur l’emploi, une décision réductrice et électoraliste, selon la TCRS.

La question de l’emploi sera tout de même abordée par la consultation citoyenne de la TCRS, « mais il ne faut pas se limiter uniquement à l’emploi », prévient Mme Chebbi. L’approche retenue par le gouvernement ne touche que les immigrants, selona la porte-parole de la table Safa Chebbi qui précise que toutes les personnes québécoises racisées, notamment les autochtones, sont ainsi laissées de côté.

« La Table de concertation contre le racisme systémique s’engage à travailler à long terme pour des changements tangibles en mettant sur pied une démarche sérieuse, indépendante, qui ne sera pas soumise au calcul électoraliste et partisan », a ajouté Mme Chebbi.

La démarche, qui accueillira également les questions des genres et des Autochtones, reposera sur la recension de témoignages de personnes racisées au sujet de leur expérience et des conséquences du racisme systémique dans leur vie.

La TCRS demande à tous les organismes intéressés à participer à l’exercice de la contacter.

Les mémoires individuels seront éventuellement recueillis, mais la forme que prendra cette partie de la consultation n’a pas encore été définie.

L'emploi, oui, mais aussi la culture, l'identité,...

« Le forum sur la valorisation de la diversité et lutte contre la discrimination du gouvernement est uniquement centrée sur l’emploi et [il] exclut des thèmes névralgiques comme l’éducation, la santé, le logement, la sécurité publique, la culture », déplore une membre du conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés du Québec, Alexandra Pierre, dont l’organisme appuie l’initiative de la TCRS.

Un autre organisme qui appuie la démarche citoyenne proposée par la TCRS, Diversité artistique Montréal (DAM), déplore également l’aspect réducteur du thème retenu par le gouvernement. Le directeur général de l’organisme, Jérôme Pruneau, souligne que le thème choisi par le gouvernement ne touche pas la culture.

« La culture est essentielle à toute société parce qu’elle permet une représentation de soi dans l’espace et l’imaginaire public, avance M. Pruneau. Quand on se voit représenté, on crée un sentiment d’appartenance, un sentiment d’identité, et ensuite on participe de façon citoyenne et on sait que cette participation citoyenne est la clé de toute dynamique sociale. »

M. Pruneau déplore que les personnes racisées soient sous-représentées dans les milieux culturelle et médiatique québécois. « Cette sous-représentation est directement liée à la question du racisme systémique qui est largement implanté depuis longtemps dans les institutions culturelles, dans les organisations artistiques, mais aussi dans les institutions médiatiques. »

L'éducation populaire pour affronter le racisme systémique

Le gouvernement a décidé de renoncer à une consultation sur le racisme systémique pour éviter d’aviver les tensions sociales. Mme Chebbi estime que c’est une erreur et elle propose une démarche d’éducation populaire. « Il faudrait démocratiser le terme racisme systémique et c’est là qu’on propose toute une démarche d’éducation populaire, parce que le terme reflète parfaitement la réalité des personnes racisées. »

Loin de faire l'unanimité, la consultation sur le racisme systémique proposée par le gouvernement était dénoncée par le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ). Certains membres du caucus libéral avaient également commencé à la dénoncer en l'identifiant comme l'un des facteurs expliquant la dégelée encaissée par le Parti libéral du Québec (PLQ) lors de l'élection partielle dans Louis-Hébert.

Le PLQ a non seulement perdu la circonscription que Sam Hamad détenait depuis 14 ans, en octobre dernier, mais il a terminé avec seulement 18,71 % des votes, loin derrière les 51,04 % récoltés par Geneviève Guilbault de la CAQ.

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