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Le ramadan pour redécouvrir les valeurs de l'islam

Au Canada, des milliers de musulmans célèbreront samedi soir et dimanche la fin du ramadan, période de l'année où des pratiquants jeûnent de l'aube au coucher du soleil. Pour certains, le ramadan est toutefois aussi une période de réflexion. Rencontre avec une famille qui souhaiterait qu'il y ait de meilleurs échanges pour un meilleur vivre-ensemble.

Immigrée au Canada en 2005, la famille Ben Mlouka s'apprête à célébrer à Montréal la fin du ramadan. Dimanche sera un peu pour eux l'équivalent du Noël chrétien.

« L'Aïd [el-Fitr], c'est la fête, c'est la principale fête de l’islam. C’est la fête des enfants, [lors de laquelle] on [leur] achète des vêtements (...) », indique la mère de la petite famille, Imen Ben Jemia.

Mais avant cette célébration, la famille en a profité, tout au long du ramadan, pour redécouvrir des valeurs islamiques véhiculées dans le Coran.

« En fait, le ramadan c’est le mois du Coran. Le Coran a été révélé durant le mois du ramadan, alors c’est un moment où il est très recommandé de le lire », explique Imen Ben Jemia.

Les valeurs islamiques sont comme toutes les autres valeurs universelles, comme le partage, le générosité, la justice sociale, etc, assure la famille Ben Mlouka.

« Les valeurs islamiques, c'est d'être une bonne personne », résume le conjoint de Mme Ben Jemia, Ons Ben Mlouka.

Ces principes ne sont toutefois pas ceux connus dans les médias.

Bien que le mois du ramadan se veuille une période de réflexion spirituelle, la menace terroriste s'est fait sentir un peu partout dans le monde. Des attentats ont notamment été perpétrés au Royaume-Uni par des attaquants se disant islamistes et par un assaillant soutenant vouloir tuer tous les musulmans.

« Il y a un milliard sept cents musulmans dans le monde et on n'entend jamais parler [des bonnes actions des musulmans]. Nous, on entend parler de ces quelques petits fous furieux qui sont en train de faire des choses qui n'ont rien à voir avec l'islam. Cette violence-là, elle est totalement interdite par l'islam », déplore Imen Ben Jemia.

Se parler pour se comprendre

La famille Ben Mlouka concède que des efforts doivent être déployés pour faire comprendre aux non-musulmans en quoi consiste réellement l'islam et ainsi changer leur vision des musulmans. Cette ouverture à l'autre ne doit toutefois pas être à sens unique.

« Il y a énormément d’efforts à faire des deux côtés. Nous, on a un effort à faire pour casser cette image négative, dont on n'est pas responsables », dit Mme Ben Jemia.

Imen Ben Jemia et Ons Ben Mlouka espèrent que, lors du prochain ramadan, des voisins de toutes confessions prendront davantage le temps de se parler.

D'après un reportage de Louis-Philippe Ouimet

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