BILLET - Malgré le fait que le Canadien de Montréal ait échappé le premier match de très mauvaise façon, il a su se relever au cours du deuxième rendez-vous, un peu tardivement et en jouant avec le feu, me direz-vous, mais le spectacle en a valu la chandelle.

Les séries peuvent sortir le meilleur et le pire de chacun des joueurs. L'émotion est à son comble et trop souvent, elle peut être votre pire ennemie. Lors du premier match, nous avons vu une formation remplie de bonnes intentions, mais Dieu sait que les joueurs du Tricolore ont mal travaillé.

Le jeu physique est de mise en éliminatoires, mais la possession et, surtout, la récupération de la rondelle sont essentielles pour connaître du succès.

Lors du premier duel, beaucoup d'analystes ont critiqué le nombre de mises en échec encaissées par le CH, soit 53. Personnellement, je ne crois pas qu'il y en avait trop. Par contre, si Claude Julien et son groupe optent pour ce style de jeu, alors ils doivent le faire intelligemment.

Le joueur phare dans cette facette n'est pas celui qui applique la mise en échec initiale, mais le deuxième en soutien qui continuera à mettre de la pression sur l'équipe adverse. Cela a été inexistant dans le premier match, et bien fait au cours des deuxième et troisième affrontements.

Pour préconiser cette manière de jouer efficacement, une formation 2-1-2 est de mise.

J'aimerais également que 50 % des mises en échec soient données aux puissants et rapides attaquants des Rangers de New York par les défenseurs du CH, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

Les partisans des Blue Shirts se frottent les mains présentement, car leurs idoles rentrent à la maison avec une victoire en terrain ennemi, mais la défaite en prolongation a fait très mal. Faut-il mentionner la fin de campagne des Rangers, qui ont récolté seulement 5 victoires à leurs 15 derniers matchs?

Il est vrai que les séries de fin de saison sont une tout autre chose, mais il y a présence de fragilité chez les hommes d'Alain Vigneault. Le CH doit absolument sentir l'animal blessé et éviter de leur donner à nouveau confiance.

Dimanche, la troupe de Claude Julien était en parfaite maîtrise, elle a évité les revirements et a fermé le couloir central à merveille. Le doute et la panique sont bel et bien installés chez les Rangers, et Lundqvist ne cesse de regarder derrière lui après un arrêt difficile.

Le langage corporel ne ment jamais.

La beauté de ce sport est que lors de chaque match, chaque présence, chaque beau jeu, chaque but, chaque mise en échec et chaque arrêt spectaculaire, l'équipe, comme par magie, atteint à nouveau son paroxysme.

Le CH doit garder son élan et demeurer prudent.

À prendre au sérieux

La série qui m'interpelle le plus est sans aucun doute celle des Maple Leafs de Toronto face aux gagnants de la Coupe du président, les très puissants Capitals de Washington.

L'innocence des Austin Matthews, Willian Nylander, Mitch Marner et Kasperi Kapanen ainsi que les prestations spectaculaires de Frederik Andersen sont ce dont les Leafs ont besoin pour causer une des plus grandes surprises des séries des 20 dernières années.

Ces jeunes loups, soutenus par de bons vétérans, ont rempli leur première mission : gagner un match à l'étranger et pousser le premier duel en prolongation.

Ils ont également réussi, jusqu'à présent du moins, à appliquer le deuxième point fondamental pour remporter une série et causer l'hécatombe à Washington : créer un doute chez l'adversaire.

Les Capitals ont été aux commandes dans le deuxième match pendant une mince période de 3 min 19 s. Ce n'est aucunement digne d'une puissance offensive et défensive.

Le doute est le pire ennemi de l'athlète professionnel. Il s'installe tranquillement durant un match. D'abord sur le plan personnel, et par la suite, petit à petit, il s'installe collectivement pour se diriger derrière le banc.

Il est très difficile pour un entraîneur comme Barry Trotz de dessiner le plan des matchs suivants.

  1. Il n'a plus l'avantage de la glace pour les deux prochaines rencontres.
  2. Il ne sait pas quel Alex Ovechkin il aura sous la main le soir de match : le Dr Jekyll ou M. Hyde?
  3. Il fait face à quatre trios bien balancés qui peuvent marquer et jouer très bien au coeur de l'action.
  4. Braden Holtby, qui est habituellement d'un calme olympien, semble frustré et déconcentré. Voir sa pénalité en prolongation lors du dernier match.

Des nuits blanches sont à prévoir du côté de Trotz!

De l'autre côté, Mike Babcock, tel un gourou, a réussi à faire boire le fameux Kool-Aid à ses ouailles.

Ses joueurs accepteront toutes ses directives et les exécuteront à la lettre, car la confiance est au plus haut point en ce moment.

Les Torontois ont en outre joué plus de la moitié du dernier match à cinq défenseurs à la suite de la blessure à Roman Polak, qui sera absent pour le reste des séries. Et c'est sans mentionner Connor Carrick, qui a joué sporadiquement compte tenu des cinq périodes de jeu.

En réalité, ils ont joué plus souvent qu'à leur tour à quatre défenseurs, et ils ont tenu le coup.

On est loin, même très loin, de la coupe aux lèvres pour les Leafs, j'en conviens. Ils font face à une puissance de la LNH, mais Babcock les a amenés jusqu'à présent à penser qu'ils sont meilleurs que leurs vis-à-vis et que Frederik Andersen est supérieur à son homologue Holtby.

Il s'agit d'un cocktail dangereux pour les Caps.

Les Blackhawks en eaux troubles

En terminant, il m'est impossible de rester silencieux sur la débandade de mes anciennes couleurs, les Blackhawks de Chicago.

Ils sont en retard 0-2 contre les Predators de Nashville, après deux matchs à domicile. Les Hawks n'ont pas seulement été chassés de leur amphithéâtre par leurs adversaires lors du dernier match, mais ils l'ont aussi été sous une pluie de huées de 22 175 supporteurs.

La tenue des Hawks est complètement inacceptable compte tenu de la qualité des effectifs et de leur profondeur. Ils sont incapables, depuis le premier match, de créer une synergie au sein de chaque trio ainsi qu'en défense.

Blanchie à deux reprises, 1-0 jeudi et 5-0 samedi, cette équipe n'est pas l'ombre de celle qui a marqué 244 buts cette saison, soit presque 3 par match.

Sauront-ils se relever? L'histoire et la puissance de cette formation nous indiquent que oui, mais personnellement, j'en doute un peu.

Si Pekka Rinne se comporte comme lors des deux premiers matchs et que P.K. Subban continue de transmettre sa passion aux siens et de partager les projecteurs avec ses coéquipiers, nous aurons droit à une première surprise ce printemps.

Faites vos jeux, chers amis.

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