En remportant sa série contre les Blue Devils d'Oakville, les joueurs de l'AS Blainville se sont donné le droit de rêver. Mercredi soir, l'équipe de la Rive-Nord de Montréal amorce le deuxième tour du Championnat canadien, à Laval, face au Fury d'Ottawa.

C’est la première fois que Soccer Canada permet à des équipes semi-professionnelles de participer au Championnat canadien de soccer. En ce sens, l’AS Blainville a déjà écrit l’histoire en défaisant des champions de la League 1 d’Ontario, les Blue Devils d’Oakville, au premier tour.

Blainville s’apprête à affronter une équipe professionnelle de la United Soccer League (USL), la deuxième division en Amérique du Nord après la MLS. Sur papier, le Fury n’a rien à craindre de son opposant. Son entraîneur-chef, Nikola Popovic, compte dans ses rangs des joueurs qui portaient les couleurs de l’Impact de Montréal l’année dernière, dont le gardien québécois Maxime Crépeau et le milieu de terrain Michael Salazar.

Pourtant, les récentes surprises en Coupe du monde, dont la victoire inattendue du Sénégal aux dépens de la Pologne, lundi, ont tôt fait de rappeler que rien n’est acquis dans le monde du sport.

Le président de l’AS Blainville, Sylvain Pereira, réalise l’ampleur de la tâche que s’apprêtent à affronter ses joueurs qui, pour la plupart, sont avant tout des travailleurs. Des 18 partants de sa formation, seuls deux ou trois d’entre eux vivent du foot. Les autres partagent leur temps entre les entraînements, les matchs et un emploi à temps plein.

C’est aussi la réalité de Sylvain Pereira, qui est lui-même directeur marketing, radio et chaînes spécialisées chez Bell Média.

Six ans après l’arrivée de l’AS Blainville en Première ligue de soccer du Québec (PLSQ), une ligue fondée en 2012 par la fédération québécoise, Pereira voit la série contre le Fury comme un cadeau.

Une récompense à la fois pour son personnel, qui se dédie à un projet qui ne dégage aucun profit de ses activités soccer, et surtout pour les joueurs, qui auront une chance inespérée de se mettre en valeur.

Des délégués des futures équipes de la Première ligue canadienne de soccer, qui verra le jour au printemps 2019, ont d’ailleurs démontré un certain intérêt pour des joueurs de l’équipe blainvilloise après avoir assisté aux deux premières rencontres du Championnat canadien.

C’est d’ailleurs une des missions de l’AS Blainville, soit d’offrir une deuxième à ses joueurs pour qu’ils se trouvent une niche dans un club professionnel. Un beau casse-tête pour le sélectionneur de l'équipe, Emmanuel Macagno,qui devrait assister au départ des meilleurs talents qu'il a sous la main.

Une victoire contre le club affilié à l’Impact de Montréal lui ouvrirait les portes du BMO Field, la forteresse du Toronto FC, champion en titre de la MLS et finaliste de la Ligue des champions de la CONCACAF.

« Depuis l'année passée, quand on a su qu'on embarquait dans le Championnat canadien, on s'est tout le temps dit ''on a le droit de rêver'', confie Sylvain Pereira. Il y en a beaucoup qui ne donnaient pas cher de notre peau en disant '' ben non, vous ne serez jamais capables de passer à travers Oakville ''. On a réussi Oakville. »

« Oui on a les deux pieds sur terre, on n'est pas fous non plus, mais on a le droit de rêver », ajoute le président.

Même si l’issue de la série contre le Fury ne sera connue que le 27 juin prochain, au TD Place d’Ottawa, Sylvain Pereira se permet de voir grand, parfois même plus que ces joueurs.

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