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Le TFC en finale, les sentiments partagés dans le vestiaire de l'Impact

Comme l'Impact de Montréal au printemps 2015, le Toronto FC a atteint mardi la finale de la Ligue des champions de la CONCACAF. Si les joueurs du Bleu-blanc-noir ne souhaitent pas ardemment que les Torontois franchissent le seuil sur lequel ils ont trébuché, ils sont aussi capables d'analyser la situation avec pragmatisme.

Un texte d’Olivier Tremblay

Ironie du sort, aucun des joueurs mis à la disposition des médias mercredi matin, au Centre Nutrilait, n’a participé à ce printemps magique au cours duquel l’Impact avait éliminé les Mexicains de Pachuca et les Costaricains d’Alajuelense avant de s’incliner devant Club América, battu par le TFC 4-2 au total des buts la veille.

Peut-être est-ce la raison pour laquelle les Montréalais interrogés ont tenu des propos aussi nuancés – d’autant plus qu’un de ces Montréalais est en fait un Torontois pure laine formé au TFC, Raheem Edwards.

Le jeune homme a souhaité tout le bien du monde à ses anciens collègues, avec lesquels il aurait sans doute adoré vivre cette aventure. Mais Edwards a surtout souligné, comme à chaque long parcours d’une équipe de MLS en Ligue des champions, les avantages qu’une victoire en finale aurait sur le soccer au pays, qui serait enfin représenté à la Coupe du monde des clubs.

« Ce serait énorme qu’une équipe s’y rende, a reconnu Edwards. Ça ne s’est jamais produit. Pas d’équipe canadienne, pas d’équipe de MLS non plus. Ce serait une grande progression pour la ligue et pour le Canada. Je crois que le TFC peut y arriver. Ils doivent y aller un match à la fois. »

Samuel Piette, en bon Repentignois, était plus réticent à l’idée de lancer des fleurs au Toronto FC, où jouent néanmoins bon nombre de ses copains de l’équipe nationale.

« Comme joueur de l’Impact, je ne voulais pas voir nos rivaux de Toronto en finale, a souligné Piette. Mais je pense que c’est bon pour le soccer canadien d’avoir une de nos équipes en finale. Et c’est encore un Canadien qui a marqué le but : Jonathan Osorio, un très bon ami à moi. Mais les sentiments sont très partagés. »

Les Torontois affronteront en finale Chivas de Guadalajara, leur troisième adversaire mexicain en phase éliminatoire après Tigres et América. Dans le second match de leur demi-finale gagnée 1-0 au total des buts, les « chèvres » n’ont à peu près rien montré sur le plan du jeu.

Mais cette prestigieuse équipe n’a pas démérité sur le plan défensif, ce qui lui a permis d’arracher un match nul de 0-0 aux Red Bulls, qui seront justement les prochains adversaires des Montréalais, sur leur propre terrain.

Un adversaire frustré samedi?

Les Red Bulls auront tout tenté contre Chivas. Comme le veut leur philosophie de jeu, ils ont imposé leur rythme à leurs opposants et les ont pressés sans relâche. Les statistiques sont éloquentes. Les New-Yorkais ont tiré à 20 reprises en direction du filet adverse. C’est 19 de plus que Chivas.

Les Mexicains ont plié, mais ils n’ont jamais cassé.

« Les Red Bulls ont été malchanceux, a déploré Edwards. Ils ont dominé Chivas. Mais la MLS hausse son niveau de jeu d’un cran. Nos équipes commencent à donner l’impression que les équipes mexicaines sont normales, ordinaires. C’est malheureux pour New York. Mais c’est à notre tour de les affronter, et nous serons à la hauteur. »

La frustration des Red Bulls se faisait déjà sentir après la rencontre de mardi soir. L’entraîneur-chef Jesse Marsch a parlé d’un résultat « difficile à avaler » pour son équipe, qui avait été « la meilleure dans cette série », selon lui.

« Nous devrons nous méfier, a martelé Piette. Ils seront un peu dégoûtés de la façon dont ils sont sortis de la Ligue des champions. Ça se pourrait qu’ils sortent très, très fort. Ou ils pourraient aussi rentrer dans le match un peu déçus, la tête basse. Ce sera à nous d’en profiter et de bien gérer les émotions du match. »

« Il faudra être solidaire, a ajouté le milieu de terrain Ken Krolicki. Sur le plan tactique, nous devrons rester organisés défensivement. Sans Saphir [Taïder,suspendu], ce sera difficile de créer du jeu, mais nous avons d’excellents joueurs pour prendre la relève. Si nous exploitons bien les intervalles, nous allons créer beaucoup d’occasions. »

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