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Le transport de matières dangereuses décrié après l'accident sur l'A-40

Des acteurs de l'industrie du transport et des politiciens s'interrogent sur la présence de matières dangereuses, qu'elles soient inflammables ou combustibles, sur des artères principales de Montréal, au lendemain d'un accident sur l'autoroute 40, qui a coûté la vie au conducteur d'un camion-citerne.

Le conseiller en mesure d'urgence Daniel Dancause estime qu'il s'agit d'un autre avertissement pour que l'industrie du camionnage rende public le contenu de ses camions.  Il voudrait que ces informations soient connues en temps réel pour améliorer la sécurité sur les routes.

« Il faudrait être capable d'harmoniser l'ensemble des systèmes de repérage GPS, les mettre ensemble pour que les autorités compétentes puissent avoir une idée de ce qui se transporte chez nous », explique-t-il.

Mais certains croient même qu'il faudrait aller plus loin, comme étudier la possibilité de transporter des matières dangereuses ailleurs qu'en zone urbaine, comme dans le secteur de l'autoroute 40 où l'accident de mardi a paralysé la circulation en pleine heure de pointe et dont la construction remonte aux années 50.

Il s'agit d'un axe principal d'est en ouest sur l'île de Montréal qui est privilégié des camionneurs, déjà contraints par plusieurs interdictions dans d'autres voies. Malgré tout, des voies de contournement pourraient plutôt être privilégiées, selon le Parti québécois (PQ).

« C'est certain qu'on en a besoin en plein centre-ville, parce qu'on consomme du pétrole dans les stations d'essence. Mais ce qui fait juste traverser, passer à travers l'autoroute métropolitaine, peut-être qu'il pourrait avoir des voies de contournement, en dehors des heures de pointe », écrit le Parti québécois dans une déclaration.

Il propose notamment d'étudier comment diminuer les quantités transportées, « de s'assurer que toutes les procédures d'urgence sont là et que les informations sont disponibles ».

« Il reste quand même que les livraisons doivent se faire », rappelle Daniel Dancause de Prudent Groupe Conseil.

Le Parti québécois réclame un audit sur le transport

À la lumière de ce plus récent accident, le Parti québécois réclame un audit global sur le transport du pétrole et des matières dangereuses. Cette étude permettait notamment, selon le PQ, d'identifier les matières dangereuses qui transitent en plein centre-ville pour s'interroger sur la nécessité de les faire passer par là.

L'opposition officielle à Québec rappelle qu'un comité avait été mis sur pied par le PQ lorsqu'il était au pouvoir, mais que celui-ci a été abandonné par le gouvernement Couillard. « Ce comité visait tous les moyens de transport de matières dangereuses » afin d'en revoir les règlements, note le PQ.

Pour éviter un scénario pareil

L'accident de mardi sur l'autoroute 40 n'est pas le premier du genre à survenir. Un camion-citerne avait explosé sur l'autoroute 640 ouest en 2014, puis en 2000, sous une bretelle de l'échangeur Anjou.

« Ça fait 35 ans qu'on est dans le métier, ça fait 35 ans qu'on se pose les mêmes questions », déplore Daniel Dancause.

Le propriétaire du Centre de formation du routier de Montréal, Stéphane Emond, croit qu'il faut saisir l'occasion pour mieux contrôler la qualité de la formation.

Devenir camionneur exige des cours ainsi qu'un examen à la Société de l'assurance automobile du Québec. Puis, pour transporter des matières dangereuses, les camionneurs doivent obtenir une certification, qui n'est cependant pas délivrée par le gouvernement.

« Est-ce que la formation a été donnée de façon adéquate?, s'interroge Stéphane Emond. Malheureusement, il existe des lois sur les obligations, mais personne ne valide ces obligations-là. Personne n'est jamais venu dans mes bureaux non plus pour vérifier si je donne une formation adéquate. »

La sécurité doit être une responsabilité partagée par tous les usagers de la route, estime pour sa part le camionneur Normand Hamel. « On laisse toujours un espace entre les véhicules de sécurité en cas de freinage d'urgence, mais beaucoup d'automobilistes ne respectent pas ça. Ça cause parfois des accidents graves », estime-t-il.

« Tous, en tant qu'usagers de la route, on doit comprendre que le comportement aux abords de ces véhicules doit être pris en compte », ajoute le président-directeur général de l'Association du camionnage du Québec, Marc Cadieux.

L'enquête en cours devrait permettre de déterminer les causes de l'accident de mardi.

Avec les informations de Pasquale Harrison-Julien et Marie-Eve Maheu

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