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Le Village perdra ses boules l'an prochain... à moins que le concepteur ne change d'avis

L'installation 18 nuances de gai, mieux connue comme « les boules multicolores » du Village gai de Montréal, ne reviendra pas l'an prochain, a décidé son concepteur, Claude Cormier. Des pressions s'exercent toutefois pour le faire changer d'idée.

Un texte de Jérôme Labbé

Les fameuses boules ornaient la rue Sainte-Catherine Est depuis 2011. Après avoir arboré la couleur rose pendant six ans, elles ont changé de couleur en 2017 pour les 375 ans de Montréal, adoptant celles du drapeau arc-en-ciel, symbole de la communauté gaie.

« Mais à un certain moment donné, il faut savoir quitter au bon moment », a indiqué M. Cormier, précisant qu'il ne voulait pas que son oeuvre « vieillisse mal ».

M. Cormier a également justifié sa décision en invoquant la durée de vie des boules de plastique, qui doivent être changées tous les trois ans. « Elles ne sont pas éternelles, a-t-il souligné. Ce sont des boules en plastique, pas des boules en verre. Ce qui fait qu'avec le soleil... Elles ont une durée de vie maximum. »

« Je pense que Montréal devrait être capable de le prendre et de l'accepter », pense-t-il.

Un marqueur visuel de Montréal

La rue Sainte-Catherine Est est interdite chaque été à la circulation entre les rues Saint-Hubert et Papineau, et ce, depuis 11 ans.

D'autres installations ont précédé celle de Claude Cormier, mais aucune n'a marqué autant l'imaginaire que « les boules » du Village.

L'oeuvre avait été installée de manière temporaire sur Sainte-Catherine en 2011. Il a été décidé ensuite de la réinstaller, année après année.

L'installation est composée de 180 000 boules, payées 25 cents chacune. Elles demeureront la propriété de la Société de développement commercial (SDC) du Village.

C'est d'ailleurs la SDC qui a annoncé la fin du concept sur Facebook. « On organise une manifestation pour les garder ou vous avez des idées pour les remplacer? », a-t-elle écrit, jeudi après-midi.

Les réactions sur les réseaux sociaux n'ont pas tardé, plusieurs internautes affichant leur déception de perdre un important marqueur visuel du quartier.

« Moi, je vote pour les garder! », a même écrit la mairesse de Montréal, Valérie Plante, sur sa page Facebook.

Le concepteur pourrait-il revenir sur sa décision si un mouvement se dessinait pour conserver l'installation? « Il n'y a que les fous qui ne changent pas d'idée », s'est contenté de dire Claude Cormier, ajoutant qu'il était « touché par les réactions des gens ».

Pour Tourisme Montréal, en tout cas, la partie n'est pas encore jouée. « Bien que nous comprenons que M. Cormier veuille laisser la place à un autre artiste, nous nous entendons tous pour dire qu’il serait dommage de perdre cette oeuvre magnifique », a écrit l'organisation dans un courriel à Radio-Canada.

« Cette portion de la rue Sainte-Catherine impressionne beaucoup les touristes », a-t-elle ajouté, faisant valoir qu'elle était très photographiée, et que les images de l'installation circulaient beaucoup sur les réseaux sociaux. « Avec les années, elle a sans aucun doute contribué à l’image forte de Montréal, comme ville créative, ville d'oeuvres d’arts publics et de design. »

Des arbres à la mine triste

Par ailleurs, la SDC a réinstallé cette année 150 saules pleureurs achetés l'année dernière pour les 375 ans de Montréal. Mais ces arbres ont la mine bien basse, a pu constater Radio-Canada. Leurs branches, décharnées, se brisent d'un seul geste du doigt.

La SDC est au courant de la situation. « Malgré que les saules ont été rassemblés ensemble et que les bacs étaient isolés de l'intérieur pour les préparer pour l'hiver, ils n'ont pas survécu », confirme-t-elle.

« On va faire des modifications », promet la Société, ajoutant que les saules seront retirés et remplacés par d'autres végétaux et que des commandes ont déjà été passées auprès de pépinières.

Le coût de ces saules n'a pas été précisé, mais il sera réparti entre la SDC, l'arrondissement de Ville-Marie et la brasserie Labatt, qui financent de manière conjointe l'habillage annuel de la rue Sainte-Catherine Est.

Avec la collaboration de Jean-Sébastien Cloutier et René Saint-Louis

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