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Le Wild a songé à Charlie Lindgren, mais a passé son tour

Charlie Lindgren affrontera l'équipe de son enfance, le Wild, dans le maillot tricolore jeudi soir. Il s'en est fallu de peu pour que le scénario s'écrive exactement à l'envers.

Un texte d’Alexandre Gascon

Le Canadien est souvent sévèrement critiqué pour chaque Québécois qui lui « échappe », qui passe à travers les mailles du filet de l’équipe de dépisteurs.

Pour chaque Louis Leblanc, repêché pour éviter la grogne populaire, le lynchage sur la place publique, il y a un Anthony Beauvillier, déniché au 28e rang en 2015, deux rangs après la sélection du CH, qui fait frissonner lorsqu’il marque à son premier match au Centre Bell.

Impardonnable, scande-t-on, de laisser filer un joueur qui évolue dans la cour du Bleu-blanc-rouge. Visiblement, le Canadien n’est pas le seul à commettre ces bévues; le Wild en aura une en plein visage.

En 2015, Minnesota a invité Lindgren à son camp de développement estival, histoire de prendre une chance avec un gardien certes jamais repêché, mais dont on disait beaucoup de bien.

Lindgren venait de compléter sa deuxième saison avec l’Université Saint-Cloud, affichant d’impressionnantes statistiques en dépit du succès mitigé de sa formation. Y a-t-il eu des discussions contractuelles avec le Wild à la suite de son passage au camp?

« Il y en a eu, oui », a laissé tomber le gardien, peu désireux d’approfondir la question.

« Il n’était pas en tête de la course, a fait valoir Lindgren, sourire en coin. J’aimais Montréal », a-t-il ajouté, sibyllin.

Le Canadien s’est finalement entendu avec le joueur autonome le 30 mars 2016, et les deux parties ont renouvelé leur partenariat l’été dernier.

Bien nanti devant le filet avec Devan Dubnyk, bien qu’il éprouve des difficultés cette saison, le Wild ne lèverait sûrement pas le nez aujourd’hui sur le talentueux Lindgren pour l’épauler en lieu et place d’Alex Stalock.

Lindgren était présent lors du premier match de la franchise au Xcel Energy Center en 2000 contre les Flyers de Philadelphie - son père détenait des abonnements saisonniers.

Lorsque vous l’interrogez sur son plus beau souvenir de jeunesse au hockey, il évoque le but d’Andrew Brunette contre Patrick Roy en prolongation du 7e match de la demi-finale de l’Association Ouest en 2003.

« J’ai porté le chandail du Wild autrefois. Jouer contre eux, c’est un rêve qui va devenir réalité », a expliqué le gardien du CH. Ce l’est certainement moins pour le directeur général Chuck Fletcher.

Une communauté tissée serrée

Pur produit des Huskies de l’Université de Saint-Cloud, Lindgren garde contact avec son ancienne équipe et ses anciens coéquipiers. La formation est classée au premier rang national dans la NCAA et est souvent présentée comme une pépinière de talents.

Le dernier choix de premier tour du Tricolore, Ryan Poehling, y poursuit actuellement son développement. Avec brio d’ailleurs.

« L’été, je m’entraîne avec certains gars du Wild comme Mike Reilly, le défenseur. »

Les chemins des familles Lindgren et Poehling se sont croisés à plusieurs reprises.

« Je connais Ryan Poehling, je connais aussi Nick et Jack, les frères jumeaux, a relaté le gardien du Tricolore. Ils sont de Lakeville eux aussi, où j’ai grandi, même s’ils sont plus de l’âge de mes frères. Nick et Jack sont de l’âge d’Andrew, l’enfant du milieu, et Ryan de l’âge de mon frère Ryan, je les ai vus jouer. Ryan Poehling a toujours été tellement en avance sur les autres au même âge. »

« Il est encore vraiment jeune, et se développe. Je pense qu’il sera tout un joueur. Et j’ai entendu dire par des gars dans l’équipe qu’il est vraiment excellent. »

Il faudra attendre encore quelques années par contre avant de savoir si les deux seront un jour coéquipiers dans la grande ligue.

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