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Les œuvres de jeunes artistes ayant une déficience intellectuelle au Musée des beaux-arts

Les élèves de l'école spécialisée Irénée-Lussier exposeront leurs créations, inspirées par la métropole, au Musée des beaux-arts de Montréal dès cet automne dans le cadre du 375e de Montréal. Ce vernissage sera l'aboutissement d'une activité décrite comme unique en son genre.

Un texte de Marie-France Bélanger

« Wow! » s’exclame un jeune en regardant une œuvre dans la section art actuel du musée. C’est le début de la visite pour 18 élèves de 12 à 21 ans de cette école de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui accueille une clientèle souffrant de déficience intellectuelle moyenne, sévère ou profonde.

Le petit groupe déambule calmement dans le musée, bavarde un peu, découvre les œuvres choisies et s’exclame par moment à leur contact.

« J’adore voir leurs réactions. Ils réagissent même à l’architecture. Ça me rend encore plus convaincue [que le projet] est porteur de sens », souligne Louise Giroux, responsable des programmes éducatifs au musée.

Par la suite, dans un local du musée, stimulés par ce qu'ils ont vu, ils créent leurs propres œuvres, qu'ils pourront ensuite terminer à l'école. Au menu aujourd'hui : peinture, découpage et collage inspirés de l’artiste Jean-Michel Basquiat.

Ces élèves sont venus au musée à 11 reprises au cours de l’année scolaire pour contempler et créer, comme c’est le cas aujourd’hui. Le modus operandi est toujours le même : coup d’oeil à des œuvres sélectionnées pendant une vingtaine de minutes, pause dîner, puis création artistique dirigée. Au total, ils sont 200 à avoir participé à cette activité depuis ses débuts, il y a deux ans.

C’est Vânia Aguiar, maman de Henri-Louis, 21 ans, inscrit à Irénée-Lussier, qui est à l’origine de ce projet. Sa fondation, baptisée « Les Petits Rois », contribue à son financement.

Elle voulait aussi permettre aux élèves de l’école d’intégrer l’art dans leur vie. « La plupart d’entre eux ne parlent pas. L’art est un grand moyen d’expression », dit-elle.

L’enseignante d’arts plastiques Catherine Girard constate les effets bénéfiques de l’activité pour ses élèves, qui sont maintenant plus intéressés par la chose artistique. « Il n’y a pas de mauvaises réponses ici quand on regarde une œuvre. Ils sont toujours bons en arts plastiques. C’est stimulant », dit-elle.

Ces sorties au musée, ajoute-t-elle, favorisent aussi la socialisation des élèves. « Ils se tiennent les mains pour ne pas toucher aux toiles. On dirait que le musée fait partie de leurs habitudes. C’est ça qui est beau à voir », précise Louise Giroux avec émotion.

Louise Giroux, responsable des programmes éducatifs et mieux-être au Musée des beaux-arts de Montréal, ne connaît pas d’autres projets d’une telle nature et d'une telle envergure dans d’autres musées de la province. Pour le musée, le défi a été d’être à l’écoute des jeunes, d’observer et d’y aller petit à petit, sans rien bousculer, et de ralentir la cadence. Elle est fascinée par le degré de complexité de certaines œuvres que les jeunes sont parvenus à réaliser. « Je me dis, ils ont fait ça eux. Wow! Ils m’épatent chaque fois », dit-elle.

Des dizaines d’œuvres réalisées par les élèves de l’école Irénée-Lussier dans le cadre de ce projet seront présentées cet automne au Musée des beaux-arts de Montréal. Ces créations ont pour thème la ville de Montréal, qui fête cette année son 375e anniversaire. Les élèves passeront donc du statut de visiteurs à celui d'exposants.

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