Contrairement à des centaines de milliers d'élèves au Québec, ceux de la Commission scolaire des Hautes-Rivières, en Montérégie, n'ont pas de semaine de relâche cette année en raison d'un conflit entre leurs professeurs et la commission. La situation suscite le mécontentement de plusieurs parents, d'autant plus qu'elle pourrait bien se répéter l'an prochain.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Relâche scolaire ou non, Magalie Chagnon a décidé de garder son fils, Elliott, huit ans, à la maison. « À ce temps-ci de l'année, il n'y a pas juste lui; il y a tous les enfants qui sont fatigués. Ils ont travaillé fort à l'école, ils ont besoin de se reposer », plaide-t-elle.

Au moins 700 des 17 000 élèves du primaire et du secondaire sont restés à la maison lundi, selon la compilation effectuée par la commission scolaire.

Le président du comité de parents des Hautes-Rivières accuse le syndicat d'avoir pris enfants et parents en otages.

« Je ne suis pas certain que le jeune a été au cœur de ce débat-là, déplore Patrick Dubois. La finalité, c'est qu'il n'y a pas eu d'entente sur les conditions de travail, et il n'y a pas eu de semaine de relâche, donc tout le monde est perdant. »

La prochaine relâche menacée?

Les éléments de litige entre le syndicat et la commission scolaire, notamment le retrait des congés spéciaux pour un enfant malade, les classes multiâges et la liste de priorités d'emplois, ne sont toujours pas réglés, ce qui fait craindre qu'il n'y ait pas non plus de relâche l'an prochain.

« Oui, c'est une crainte que j'ai », dit la présidente de la commission scolaire Andrée Bouchard.

« Si ç'a été possible une année, c'est possible une autre année. Si à pareille date l'an dernier on m'avait dit qu'il n'y aurait pas de semaine de relâche à la Commission scolaire des Hautes-Rivières, je ne l'aurais pas cru, laisse-t-elle tomber. Je n'aurais pas pensé que le syndicat de l'enseignement aurait un mandat de cette nature de son assemblée générale. »

Elle veut croire que les parties réussiront à s'entendre, mais avertit les professeurs qu'en raison des compressions budgétaires qui frappent la commission scolaire, elle ne peut accepter d'arrangements coûteux.

Un enjeu de négociation

La présidente du Syndicat de l'enseignement du Haut-Richelieu, Jacinthe Côté, espère aussi que les négociations vont aboutir cette année. Une proposition a été soumise à la commission scolaire et elle dit attendre un retour de sa part. « On est en discussion avec l'employeur : tant qu'il y a des discussions, il y a une possibilité d'entente. Je reste persuadée qu'on pourra en arriver à un règlement. »

Jacinthe Côté reconnaît que la situation n'est pas idéale, mais elle ne croit pas qu'il est juste d'affirmer que les élèves font les frais de ces négociations. « Au lieu de commencer au mois d'août, les enfants ont commencé le 7 septembre, donc ils auront leurs 180 jours de classe comme tous les autres enfants de la province », dit-elle.

Elle ajoute que ce n'est pas tous les parents qui se plaignent de l'annulation de la relâche.

« ll y en a quand même qui considèrent que c'est un paquet de trouble, une semaine de relâche, parce qu'ils n'ont pas de gardienne, souligne-t-elle. Mais on est conscient que d'avoir un calendrier scolaire qui est différent du reste de la province, ça soulève des réactions. »

L'avenir de la prochaine relâche pourrait se jouer à l'assemblée générale des professeurs, le 21 mars prochain. Ils décideront alors s'ils renouvellent le mandat de leur syndicat de négocier des arrangements locaux à leur convention, même au prix de perdre leur semaine de relâche.

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