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Les adversaires du CH se sont ajustés, la fête est terminée

BILLET - Les partisans du CH ont été estomaqués par la cinglante défaite de 10-0 encaissée par les hommes de Michel Therrien vendredi soir à Columbus. Même si le CH occupe le premier rang du classement de la LNH et qu'il vient de connaître le meilleur début de saison de son histoire en récoltant 19 points sur une possibilité de 20 (à ses dix premiers matchs), on sent un fort vent de scepticisme se lever à l'endroit de l'équipe.

Un texte de Martin Leclerc

Cette crise de confiance, qui semble tout à fait ridicule lorsqu'on jette un coup d'œil au classement, est-elle justifiée?

Le CH a commencé à en avoir plein des bras le samedi 29 octobre face aux Maple Leafs de Toronto, qui ont misé sur leur vitesse et pratiqué un échec-avant extrêmement combatif tout au long de la soirée.

Sans l'exceptionnel brio de Carey Price pour aider ses défenseurs en récupérant et distribuant les rondelles au fond de sa zone, Toronto aurait sans doute remporté ce match au lieu de s'incliner par la marque de 2 à 1.

Mercredi dernier lors du match suivant, malgré le fait qu'ils se présentaient à Montréal avec les pires statistiques offensives de la LNH, les Canucks de Vancouver ont à leur tour décontenancé le CH en pratiquant un style physique et en exerçant un échec-avant tous azimuts.

Incapable de structurer des sorties de zones et des transitions rapides, le CH a passé la soirée à courir après le disque face à une formation pourtant nettement inférieure sur papier.

En moitié de deuxième période dans cette étrange rencontre, les Canucks revendiquaient 22 tirs au filet contre seulement trois( !!!) pour le Canadien.

Quand une équipe de hockey parvient à posséder la rondelle 60% du temps, on parle de domination totale. Or, les Canucks ont présenté un indice Corsi de 66,1% mercredi dernier.

Mais incroyablement, les deux équipes ont terminé la soirée avec 11 chances de marquer chacune. Et, nettement plus opportuniste, le CH l'a emporté au compte de 3 à 0.

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Le 29 octobre face aux Maple Leafs, le CH avait été dominé 58,3% à 41,6% en ce qui a trait au temps de possession. Et samedi dernier (le 5 novembre) les Flyers ont eu l'avantage 60,9% à 39,1%.

On parle ici de trois rencontres (Toronto, Vancouver et Philadelphie) où le CH a très peu touché à la rondelle. Pourtant, il les a remportées toutes les trois.

Sa pire période de hockey des huit derniers huit jours, le CH l'a probablement livrée samedi dernier face aux Flyers, alors que l'équipe a failli être privée de tirs au filet au deuxième vingt.

Il y avait 14 minutes et 06 secondes d'écoulées (une éternité) dans cette période quand Paul Byron est enfin parvenu à toucher Michal Neuvirth d'un tir du revers peu menaçant.

Alex Galchenyuk (un but !) et Andrew Shaw ont obtenu les deux autres tirs du Tricolore au cours des 82 dernières secondes de jeu de cet engagement.

Dans cette rencontre surréaliste, le Canadien a inscrit quatre buts sur ses 12 premiers tirs en plus d'ajouter le but gagnant en troisième alors que les Flyers jouissaient d'un avantage numérique de quatre minutes.

Quelles étaient les probabilités de victoire? Plus chanceux (ou opportuniste) que ça, tu meurs.

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Et la dégelée de 10-0 dans tout ça?

Ceux qui vous disent qu'ils avaient vu venir ce résultat racontent des bobards. Dans la LNH, de tels massacres n'arrivent à peu près jamais.

Le CH tirait de l'arrière 0-3 après une période. Et sachant qu'ils affrontaient les Flyers le lendemain, les joueurs ont tout simplement fermé les livres et cessé de jouer. Ce n'est pas plus compliqué que cela.

Par contre, les Blue Jackets ont employé exactement la même recette que les trois autres adversaires du CH.

Sans relâche, ils ont pilonné les arrières du Canadien et provoqué des revirements.

En plus, les hommes de John Tortorella ont chargé le filet du pauvre Al Montoya comme si leur vie en dépendait, ce qui leur a permis de récolter des rondelles libres et de marquer des buts (dont quatre en avantage numérique) à la pelletée.

Même si c'était incroyablement injuste pour Montoya, Michel Therrien a bien fait de ne pas employer Carey Price dans cette cause perdue.

Il n'y avait plus rien à gagner, et Montoya jouait justement parce qu'on voulait accorder un repos au gardien numéro un.

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Ce qu'il faut retenir de tout cela, c'est que le CH n'affrontera probablement plus d'équipes qui se contenteront de pratiquer un échec-avant plutôt passif et de bloquer paisiblement le centre de la patinoire, comme cela se fait beaucoup dans la LNH.

Les équipes des ligues majeures sont un peu comme des requins qui flairent l'odeur du sang. Dès qu'elles dénichent une faiblesse dans l'armure d'un adversaire, elles l'exploitent jusqu'à ce que mort s'en suive.

Tout cela explique aussi sans doute pourquoi on ne cesse d'entendre des rumeurs voulant que Marc Bergevin soit à la recherche d'un défenseur gaucher capable de compléter son top-4.

Le Canadien demeure une équipe de premier plan dans l'Est. Il sera toutefois très intéressant de voir comment il s'ajustera à cette nouvelle réalité.

Il faudra bien trouver une façon de la faire circuler, cette rondelle.

À toute épreuve, le blogue de Martin Leclerc.

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