Retour

Les agressions sexuelles accaparent plus de ressources au SPVM

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a augmenté ses ressources pour traiter de façon plus efficace les dossiers d'agressions sexuelles dont le nombre a bondi dans la dernière année.

Dans la foulée des affaires Salvail et Rozon, le nombre de plaintes a augmenté de 23 % à Montréal, passant de 1487 en 2016 à 1828 l’année dernière.

Ainsi, selon le rapport annuel du SPVM présenté mardi à l'hôtel de ville, six enquêteurs supplémentaires ont été affectés à ces dossiers depuis l'automne.

Mais pour la responsable de la Sécurité publique au comité exécutif de la Ville, Nathalie Goulet, il est important d'accélérer le traitement de ces plaintes.

« Je vais suivre de près ce dossier-là dans les prochaines semaines, les prochains mois », a averti Mme Goulet.

Le SPVM a mis fin au service de ligne téléphonique de crise mis sur pied en octobre dernier parce que le public y a eu recours seulement pendant environ un mois.

« Après quelques semaines, ça s’est un peu essoufflé, et à un moment donné, on avait des journées où il y avait zéro appel. On ne mettra pas quelqu’un au téléphone pour répondre à zéro appel. Et on voulait également que les gens ne perdent pas l’habitude de se rendre dans leur poste de quartier ou de faire le 911 s’ils ont été victimes de quoi que ce soit », a dit l’inspecteur Durocher.

« La consigne a été donnée à nos policiers : lorsqu’une victime se présente dans un poste de quartier et allègue avoir été victime de quelque inconduite ou agression sexuelle que ce soit, qu’on en prenne rapidement charge », a-t-il poursuivi.

Légère hausse de la criminalité

De 2016 à 2017, le nombre d’homicides est passé de 23 à 24, une hausse de 4 %, alors que le nombre de tentatives de meurtre a reculé de 99 à 89, une baisse de 10 %. Sur quatre ans, de 2013 à 2017 le nombre d’homicides a diminué de 14,3 %.

Au total, les crimes contre la personne (incluant les agressions sexuelles) ont augmenté de 2,9 % sur de 2016 à 2017, et de 3,2 % de 2013 à 2017.

Les crimes contre la propriété, eux, ont diminué de 1,4 % sur un an, et de 15,9 % sur quatre ans.

Dans l’ensemble, le nombre de délits et crimes est demeuré relativement stable, augmentant de 2,9 % de 2016 à 2017, et reculant de 8,4 % de 2013 à 2017.

Armes d’assaut

Toujours dans le cadre de la présentation de son rapport annuel, le SPVM, qui dispose déjà d'un certain nombre de fusils d’assaut réservés aux interventions tactiques, s’est par ailleurs dit ouvert à l’idée d’en équiper ses patrouilleurs.

Mais il croit posséder déjà ce qu’il juge nécessaire pour l’instant.

L’inspecteur André Durocher a évoqué devant les journalistes les divers attentats terroristes perpétrés dans les dernières années un peu partout dans le monde pour expliquer pourquoi la possibilité d'acquérir des armes d'assaut est sur la table.

« On va s’ajuster en fonction d’un équilibre qui est toujours de vivre en sécurité le plus possible, sans vivre non plus dans un État policier », a ajouté l'inspecteur Durocher.

De plus en plus, les corps de police de la province commencent à équiper leurs patrouilleurs de fusils d'assaut, a récemment constaté Radio-Canada.

Par exemple, la Ville de Laval a conclu en début d'année un contrat de 168 000 dollars avec Colt pour l'achat d'armes longues aux patrouilleurs de son corps policier.

La Ville de Longueuil a de son côté fait l'acquisition d'une douzaine de fusils d'assaut en 2017.

Et la Sûreté du Québec a reçu ces derniers mois 230 carabines Colt C8, des armes reprises aux Forces armées canadiennes.

Plus d'articles